ACTE TROISIEME.
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Le mien fera toujours victime des furies,
Victime de l’amour et de mes barbaries.
Hélas ! j’avais voulu qu’elle tînt tout de moi,
Qu’elle ignorât un fort qui me glaçait d’effroi.
£ De fon père en fes mains je mettais l’héritage
Conquis par Antipatre , aujourd’hui mon partage.Heureux par mon amour, heureux par mes bienfaits,Une fois en ma vie avec moi-même en paix,
Tout était réparé, je lui rendais juftice.
D’aucun crime après tout mon cœur ne fut complice ;3’ai tué Statira, mais c’eft dans les combats,
C’eft en fauvant mon père, en lui prêtant mon bras,C’eft dans l’emportement du meurtre et du carnage,Où le devoir d’un fils égarait mon courage ;
C’eft dans l’aveuglement que la nuit et l’horreurRépandaient fur mes yeux troublés par la fureur.
Mon ame en frémiffait avant d’être puniePar ce fatal amour qui la tient affervie.
3e me crois innocent au jugement des dieux,
Devant le monde entier, mais non pas à mes yeux,Non pas pour Olimpie, et c’eft-là mon fupplice,
C’eft-là mon défefpoir. Il faut qu’elle choififfe,
Ou de me pardonner, ou de percer mon cœur,
Ce cœur défefpéré, qui brûle avec fureur.
S O S T E N E.
On prétend qu’Olimpie, en ce temple amenée,
Peut retirer la main qu’elle vous a donnée.
CASSANDRE.
Oui, je le fais, Softène; et fi de cette loiL’objet que j’idolâtre abufait contre moi,
V £CJ Malheur à mon rival, et malheur à ce temple.
Du culte le plus faint je donne ici l’exemple;