NOTES SUR OLIMPIE
V ^
Les juifs furent donc prefque les feuls dans l’antiquité * chez qui lesmyftères furent inconnus. Zoroaftre les avait apportés en Perfe, Orphée en Thrace, Ojîris en Egypte, Minos en Crète, Ciniras en Chypre , Erectêeclans Athènes. Tous différaient, mais tous étaient fondés fur la créanced’une vie à venir, et fur celle d’un feul dieu. C’eft furtout ce dogmede l’unité de l’Etre fuprême qui fit donner par-tout le nom de myfibres àces cérémonies facrées. On laiffait le peuple adorer des dieux fecondaiires,des petits dieux , comme les appelle Ovide , vulgus deorum, c’eft-à-dire,les âmes des héros, que l’on croyait participantes de la divinité etdes êtres mitoyens entre Dieu et nous. Dans toutes les célébrationsdes myftères en Grèce, foit à Èleufis, foit à Thèbes , foit dans làSamothrace ou dans les autres îles, on chantait l’hymne d’Orphée ;
Marche[ dans la voie de la jufiiee, contemple\ le feul maître du monde 3 UDémiurgos . Il eft unique s il exifie feul par lui~même ; tous les autres êtresne font que par luit il les anime tous : il n’a jamais été vu par des yeuxmortels , et il voit au fond de nos cœurs.
Dans prefque toutes les célébrations de ces myftères , on repréfentaitfur une efpèce de théâtre une nuit à peine éclairée, et des hommes àmoitié nus , errans dans ces ténèbres, pouffant des gémiifemens^et desplaintes, et levant les mains au ciel. Enfuite venait la lumière, et l’onvoyait le Démiurgos qui repréfentait le maître et le fabricateur du monde,confoiant les mortels , et les exhortant à mener une vie pure.
Ceux qui avaient commis de grands crimes les confeftaient X l’Hiéro-phante, et juraient devant Dieu de n’en plus commettre. On les appelaitdans toutes les langues d’un nom qui répond à initiatus, initié, celuiqui commence une nouvelle vie , et qui entre en communication avec lesdieux, c’eft-à-dire avec les héros et les demi-dieux , qui ont mérité parleurs exploits bienfefans d’être admis après leur mort auprès de l’Etrefuprême.
Ce font-là les particularités principales qu’on peut recueillir desanciens myftères dans Platon s dans Cicéron , dans Porphire , Eufèbe ,Strahon et d’autres.
Les parricides n’étaient point reçus à ces expiations : le crime étaittrop énorme. Suétone rapporte qu zNéron , après avoir affafTifté fa mère,ayant voyagé en Grèce , n’ofa afïifter aux myftères CéEleufine. Zo^imeprétend que Conftantin, après avoir fait mourir fa femme , fon fils, fonbeau-père et fon neveu, ne put jamais trouver l’Hiérophante qui l’admîtà la participation des myftères.
On pourrait remarquer ici que Cafandre eft précifément dans le caso;'t il doit être admis au nombre des inities. Il n’eft point coupable del’empoifonnement d 'Alexandre ; il n’a répandu le fang de Statira quedans l’horreur tumultueufe d’un combat, et en défendant fon père. Sesremords font plutôt d’une ame fenfible.,et née pour la vertu * que d’uncriminel qui craint la vengeance célefte*
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