SUR OLIMPIE
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des acteurs pleins d’ame et de fen , pourraient donner au moinsquelqu’idée de l’excès où peuvent être poufîees la terreur et la pitié,qui font le feul but, la feule conftitution de la tragédie. Mais ilfaudrait un ouvrage dramatique qui , étant fufeeptible de toutes ceshardieflès, eût aufli les beautés qui rendent ces hariliefles refpectables.
Si le cœur n’eft pas ému par la beauté des vers, par la vérité deslèntimcns, les yeux ne feront pas contens de ces fpectacles prodigués ;et loin de les applaudir, on les tournera en ridicule, comme de vainsfupplëmens qui ne peuvent jamais remplacer le génie de la poélie.
Il eft à croire que c’eft cette crainte du ridicule, qui a prefquetoujours refferré la fcène franqaife dans le petit cercle des dialogues,des monologues et des récits. Il nous a manqué de l’action ; c'eft undéfaut que les étrangers nous reprochent, et dont nous ofons à peinenous corriger. On ne préfente cette tragédie aux amateurs que commeune efquiffe légère et imparfaite d’un genre abfolument nécelfaire.
(d) Le feu de Vefta était allumé dans prefque tous les temples de laterre connue. Vefta fignifiait feu chez les anciens Perfes, et tous lesfavans en conviennent. Il eft à croire que les autres nations firent unedivinité de ce feu, que les Perles ne regardèrent jamais que comme lefymbole de la Divinité. Ainfi une erreur de nom produifit la déeflèVefta, comme elle a produit tant d’autres chofes.'
( e ) Non-feulement les défauts de cette tragédie ont empêché l’auteurd’ofer la faire jouer fur le théâtre de Paris , mais la crainte , que le peude beautés qui peut y être ne fut expofé à la raillerie, a retenu l’auteurencore plus que fes défauts. La même légèreté qui fit condamner Athalie pendant plus de vingt années par ce même peuple qui applaudiffait àla Judith de Boyer, les mêmes prétextes qui lervirent à jeter du ridiculefur un prêtre et fur un enfant, peuvent fubfifter aujourd’hui. Il eft àcroire qu’on dirait, voilà une tragédie jouée dans un couvent; Statiraeft religieufe, Cajfandre a fait une confeifion générale, l’Hiérophante eftun directeur, etc.
Mais aufli, il fe trouvera des lecteurs éclairés et'fenfibles qui pourrontêtre attendris de ces mêmes reftèmblances , dans* lefquelles d’autres netrouveront que des fujets de plaifanterie. Il n’y a point de royaumeen Europe qui n’ait vu des reines s’enfevelir les derniers jours de leurvie dans des monaftères après les plus horribles cataftrophes. Il y avait decesafiles chez les anciens, comme parmi nous. La Calprenède fait retrouverStatira dans un puits; ne vaut-il pas mieux la retrouver dans untemple?
Quant à la confeifion de fes fautes dans les cérémonies de la religion,elle eft de la plus haute antiquité , et eft expreffément ordonnée par leslois de Zoroaftre, qu’on trouve dans 1 1 Sadder, Les initiés n’étaientpoint admis aux myftères fans avoir expofé le fecret de leurs,] cœurs
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