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Le Mentor
porte un amant à ramasser de petites circon-stances. Elles font Tunique méditation d’unhomme véritablement amoureux, & tout soaplaiiir est de se les rendre présentes de la wa-niere la plus naturelle. Rien ne paroit petitpour un amant, pourvu qu’il y trouve queíquerelation avec là tendresse, qui lui paroit la seu-le affaire importante, & qui donne du poids àtout ce qui Tenvironne ; dans les moindresminuties, il veut lire son bonheur ou son mal-heur. Voilà ce que le génie poétique néglige,quand il n’estpas soutenu par la paillon; &c’est pourtant ce qui caractérise les vers amou-reux, qui ont Tapprobation la plus générale.De mille exemples que j’en pourrois citer, jene choilirai que ces deux vers qui me parois-sent auíli tendres & auíii naturels que j’en ai ja-mais vu.
Je gémis, je soupire, au chagrin je me livre :
Mon iris part demain, comment pourrai-je vivre ?
Tout homme, qui a jamais été fortementamoureux, ne peut qu’être touché de ces vers,& ceux qui le sont actuellement sentiront,en les lisant, que leur passion y répond, & seles approprie.
11 paroit par tout ce que je viens d’avancer,que rien n’est plus difficile que d’écrire aisé-ment. Cependant, quand des productions dece genre tombent entre les mains d’un espritordinaire, il y trouve tout íì naturel, & 11 peu
tra-