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l’orgœuil & la vangeance lui ont mi? dans lamain, paroitra-t-il devant ce juge terrible, en Uprésence duquel , la nature sera agonisante , le Soleilobscurci , la Lune changée en sang , sff les puissan-ces des cieux ébranlées ì Dans quel état se trou-vera ce brave homme prétendu, quand les cieuxpasseront avec un bruit fifiant de tempête , quand lesElemens seront diffus par la chaleur , & que laterre même , avec tout ce qu’elle contient , fera con-sumée par les flammes ?
Ce qui devroit sur-tout étouffer dans nôtreesprit l’exécrable folie de risquer le salut, poursatisfaire à de petites animositez, c’eít que dansun seul acte criminel le coupable offense sonjuge, & s’expose à paroitredans le momentdevant le tribunal de ce juge, qu’il vient de mé-priser. On est précisément dans ce funestecas, en mourant dans un Duel. On offenseDieu de propos délibéré; & le cœur encorplein de mépris pour ses Loix sacrées, on pa«roit dans fa présence terrible. Y a-t-il quel-que chose de plus asreux, que l’idée qu’ondoit avoir d'une a me, qui dans cet état est sépa-rée du corps ? Le moyen de n’être pas iaiíìd’horreur en pensant, qu’un homme se préci-pite dans un étang de feu & de soufre , là ou il ya pleurs & grincement de dents , uniquementpour éviter les impertinentes railleries d’un tasde gens, qui se sont une gloire de n’avoir pasle sens-commun? Avec quel plaisir une ameaccablée d’un tel malheur ne soulriroit-elle pasl’accusation éternelle de poltronnerie, pour
rachs-