4 Le Mentor
„ heur de la vie, à des chimères, à des appa-„ rences, & à un bonheur d'ostentation. Leurs„ cœurs ne font pas faits pour un véritable,, attachement ; &, comme les ambitieux for-„ ment leurs projets de grandeur, fans y faire„ entrer seulement l’idée de ceux qu’ils fré-„ quentent, une femme de cette humeur vit„ & couche avec son mari, fans avoir pour„ lui la moindre amitié. Ecoutez , mon cher„ Mentor : une autrefois, avant que de deve-„ nir le procureur de mes affaires de cœur,„ tachez de voir nôtre Maîtresse à une maison^ de campagne. Vous verrez là fans peine,„ íì elle nous convient ou non ; íì elle ne fe„ plait point à de belles vues, íì elle n’aime„ point des ruisseaux, des bois, & des prairies;,, franchement, ce n’est pas nôtre fait : elle a„ planté là la nature pour jamais, & ce ne fera„ toute fa vie qu’une folle abimée fans reífour-„ ce dans la vanité.
„ J’ai été toujours curieux d’examiner l’air„ de ces femmes de Londres , qui viennents , pour la prémière fois à la terre de leurs„ Epoux campagnards. Vous ne sauriez croi-„ re avec quelle arrogance elles regardent,, tout ce qui les environne, & avec quelle pe-a , tite mine dédaigneuse elles reçoivent les,, complìmens des honnêtes-gens du voiíìna-5 , ge. On voit dans leurs yeux, qu’il leur„ manque quelque freluquet , pour fe moquer„ avec lui de nos maniérés. Mais, ces bellesSJ Dames ne doivent pas tant s’en faire ac-
„ croire.