266 Le Babillard. Art. XXIII.à laquelle tous les Hommes afpirent, eft undes plus nobles motifs qui animent & qui fou-tiennent la Vertu.
Si l’effet n’y répond pas toujours, c’eftenpartie la faute des personnes qui érigent desMonumens à l’honneur des Hommes illuftres.Les Hiftoriens, les Poëtes , & les Orateursproftituent indignement leur nom & leur fa-voir ; fans égard à leur propre réputation, ilsbrouillent , & confondent toutes les idées,& d’une maniéré à flétrir toute la beauté deleurs Ouvrages, ils marquent temerairementau coin de la gloire des adions qui doivent cou-vrir de honte ceux qui les louent, & ceuxqui les ont faites. C’eft ce lâche abus des ta-lens de l’Efprit qui a feduit votre Majefté de-puis tant d’années , & qui d’une vie , quipouvoit fournir les plus beaux exemples à tousles Monarques, en a fait un Modèle que lesbons Princes ne fauroient trop foigneulèmentéviter. De là le mauvais ufage que vous avezfait de tant de belles & d’excellentes qualitésqui brillent dans votre perfonne ; qualités,dont vous avez perdu l’avantage , en faifantfervir à l’appui de la Tyrannie ce qui foutientd’ordinaire les plus doux & les plus juftes Gou-vernemens. Que vous fert-il d’avoir été Maî-tre indulgent dans vôtre Maifon , d’avoir com-blé de bienfaits tous vos Miniftres fans en ex-cepter même les («) malheureux , d’avoir recom-
pen-
(«) On dit que quelqu’un s’excufant du mauvais fuç-
cès