214
GOUVERNEMENT.
France n’eût pas perdu tant de citoyens. (/)/;) Cepays cependant, malgré fes fecouffes et fes pertes,eft encore un des plus floriflans de la terre , parceque tout le bien qu’a fait Louis XIV fubfifte , et quele mal, qu’il était difficile de ne pas faire dans destemps orageux, a été réparé. Enfin la poftérité,qui juge les rois, et dont ils doivent avoir toujoursle jugement devant les yeux, avouera, en pefant lesvertus et les faibleffes de ce monarque, que, quoi-qu’il eût été trop loué pendant fa vie, ilméritade:l’être à jamais , et qu’il fut digne de la ftatue qu’onlui a érigée à Montpellier , avec une infcriptionlatine , dont le fens eft : A Louis le grand après famort. Dom Ujlaris , homme d’Etat, qui a écrit furles finances et le commerce d’Efpagne , appelleLouis XIV un homme prodigieux.
Changemens Tous les changemens qu’on vient de voir dans
ia n-ason' 3115 g ouvernemetlt > et dans tous les ordres de l’Etat,en produifirent nécefiairement un très - grand dansles mœurs. L’efprit de faction , de fureur et de rébel-lion , qui polfédait les citoyens depuis le temps deFrançois II , devint une. émulation de fervir leprince. Les feigneurs des grandes terres n’étant pluscantonnés chez eux, les gouverneurs des provincesn’ayant plus de portes importans à donner, chacunlongea à ne mériter de grâces que celles du fouve-ram; et l’Etat devint un tout régulier dont chaqueligne aboutit au centre.
C’eft-là ce qui délivra la cour des factions et descpn [pirations qui avaient troublé l’Etat pendant
(ii) Voyez le chapitre du calvinifme.