CONSPIRATION,
Plus de politelle et d’agrémens qu’auparafant.
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S’il y eut quelques {éditions dans les provinces, cene furent que de faibles émeutes populaires aifémentréprimées Les huguenots mêmes furent toujours tran-quilles.. jufqu’au temps où l’on démolit leurs temples.Enfin le roi parvint à faire, d’une nation jufque-làturbulente, un peuple paifible, qui ne fut dangereuxqu’aux ennemis, après l’avoir été à lui-même pendantplus de cent années. Les mœurs s’adoucirent fansfaire tort au courage. ( 28 )
Les maifons que tous les feigneurs bâtirent ouachetèrent dans Paris , et leurs femmes qui vécurentavec dignité, formèrent des écoles de politeffe, qui re-tirèrent peu à peu lesjeunes gens de cette vie de caba-ret, qui fut encore long-temps-à la mode, etquin’inf-pirait qu’une débauche hardie. Les mœurs tiennent
( 28 ) C’efl: ici la véritable cauiè de la profpérits de la nation franqaifefous Louis XIV . Les circonftances où il fe trouva contribuèrent fansdoute à cette tranquillité de l’Etat; mais le caractère du roi , et la per-fuaiion qu’il fut établir que tout ce qui était ordonné en fon nométait fa volonté propre , y fervirent beaucoup. Malgré la barbarie d’unepartie des lois , malgré les vices des principes d’adminiftration , l’aug-mentation des impôts, leur forme onéreufe, la dureté des lois fifcales;malgré les m&iivaifes maximes qui dirigèrent le gouvernement dans lalégislation du commerce et dts manufactures ; enfin malgré les perfécutionscontre les proteftans , on peut obferver que les peuples de l’intérieurLtu royaume , et môme jufqu’à la guerre de la fuccefiion , ceux desprovinces frontières ont vécu en paix, à l’abri des lois; le cultivateur,l’c’rtifan , le manufacturier , le marchand étaient fùrs de recueillir lefruit de leur travail, fans craindre ni les brigands ni les petits oppref-feurs. On put donc perfectionner la culture et les arts, fe livrer à degrandeséntreprifes dans les manufactures et dans le commerce, y confacrerdes capitaux confidérabies,faire des avances,meme pour des temps éloignés.Cette paix dans l'intérieur d'un Etat eft d’une plus grande impor*rance que la plupart des politiques ne l’ont cru* De ce qu’un Etattranquille aprofpéré , il ne faut point en conclure qu’il ait eu, ni de bonneslois, ni une bonne conititution, ni un bon gouvernement.