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Tome vingt-huitième
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même quelquefois à Qiùnault des fujets d’opéra, etce fut lui qui choifit Armide. M. Colbert ne pro-tégea tous les arts et ne les fit fleurir que pour feconformer au goût de fon maître; car M. Colbertétant fans lettres, élevé dans le négoce et chargépar le cardinal Mazarin de détails d’affaires, nepouvait avoir pour les beaux arts ce goût que donnenaturellement une cour galante , à laquelle il fautdes plaifirs au-deffiis du vulgaire. M. Colbert é taitun peu fec et fombre , fes grandes vues pour lafinance et pour le commerce , où le roi était et devaitêtre moins intelligent que lui , ne s’étendirent pasd’abord jufqu’aux arts aimables; il fe forma le goûtpar l’envie de plaire à fon maître, et par l’émulationque lui donnait la gloire acquife par M. Fouquet dansla protection des lettres, gloire qu’il conferva dansfa difgrace. 11 ne fit d’abord que de mauvais choix,et lorfque Louis XIV en 1662 voulut favorifer leslettres , en donnant des penfions aux hommes degénie et même aux favans , Colbert ne s’en rapportaqu’à ce Chapelain dont le nom eft depuis devenu firidicule, grâces à fes ouvrages et à Boileau mais ilavait alors une grande réputation qu’il s’était faitepar un peu d’érudition , allez de critique et beaucoupd’adreffe ; c’eft ce choix qui indigna Boileau , jeuneencore , et qui lui infpira tant de traits fabriques.1 VI. Colbert fe corrigea depuis , et favori fa ceuxqui avaient des talens véritables , et qui plaifaientau maître.

Ce fut Louis XIV qui de fon propre mouvementdonna des penfions à Boileau , à Racine , à FéliJj'on ,à beaucoup d’autres ; il s’entretenait quelquefoisMélanges hiji. Tome IL O