SATIRE V. peTronva l’art d'emprunter,& de re rendre rien,Et bravant des Sergens la timide cohorte,
Tailla le Creancier fe motfondre à fa porte.Mais pour comble, à la fin le Marquis en priſonSous le fais des procés vit tomber fa Maiſon.Alors pour fubvenir à fa triſteſſe indigence,Le Noble, du Faquin rechercha l'alliance;Et trafiquant d’un nom jadis ſi precieux,Par un lâche contract vendit tous les AyeuxsEt corrige ant ainſi la fortune ennemie,Rétablir fon honneur à force d infamie.
Gar À l’éclat de l’or ne releve le fang 3:En vain on fait briller la ſylandeur de fon rang:L'amour de vos Ayeux paſſe en vous pour manie,Er chacun pour parent vous fuit& vous renie»Mais quand un homme eſt riche, il vaut toûjours
fon prix:
Fr l’eût-on veu porter la mandille à Paris N'eût- il de fon Vray nom nititre, ni memoire,D’Hozier lui trouvera cent Ayeux dans PHiftoires
Toi donc, qui de merite& d'honneurs revêtu»Desrécueils de la Cour as ſauy ta vertu 5
Dangeau, Qui dans le rang où ton Prince tapelle;Le vois tofjours orné d’une gloire nouvelle,
Et plus brillant par foi, que par l’éclat des Lys,Dédaignex tous ces Rois dans la pourpre amolis zFuir d’un honteux loifirla douceur importune:
A fes ſages conſeils aſſervir la Fortune;Er de tout fon bonheur ne devant rien qu’à foiMontrer à l'Univers, ce que ceſt qu’eftre Roisitu veux te couvrir d’un éclat legitime,
Va par mille beaux faits meriter fon eftime;
Sets un ſi noble Maiftre;& fais voir qu’ajoud’hui