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SATIRE 1X. 61
Vn Auteur à genoux dans une humble preface,Au Lecteur qu’il ennuie, a beau demander grace;I ne gagnera rien fur ce juge frité,,Qui lui fait fon procés de pleine autorité.Et je ferai le feul qui ne pourai rien dire?On fera ridicule,& je n’oferai rire?; öEt qu ont produi mes vers de fi pernicieux,Our armer contre moi tant g Auteurs furieux?Loin de les décrier, je les ai fait paroiſtie;Et J. fans ces vers qui les ont fait connoiefire,Leur talent dans l'oubli demeureroit caché.Et qui fcauroit fans moi que Cotin à prefché?La Satire ne fert qu’à rendre un Fat illuftre:C’eft une ombre au tableau qui lui donne du luſtre,En les blamant enfin, j'ai dit ce que ſ'en croi,Et tel, qui men reprend, en penſe autent que moi,Il a tort, dir J an, Poxrquoi faut-il qu’il nomme?Mit aquer Chapel aun ab! C'eft un. bon homme?Balzac en fait l'éloge en cent endrotrs divers,Il eſt vrai, s'il meuf? cen, qu'il n'enft point fait deVers:Il fe tus A rimer, Que s vis il en Profe?Voilà ce que l’on dit, Er que dis je autre chofe àEn blâmant fes écrits, ai-je d’un ftile affreuxDiſtile fur ſa vie un venain dangereux?Ma Mufe en lattaquant charitable& diſcrete,Sçait de Ihomme d'honneur diftinguer le PoëtezQu’on vante en lui la foi» l'honneur, la probi-té:Qu on prife ſa candeur& ſa civiliré»ail foit doux, complaifant, officieux, fincere,On le veut, j'y foufcris K luis preſt de me taire,Mais que pour un modele on montre fes écrits,Qu'il foit le mieux tenté de tous les beaux EſpritsComme Roi des auteurs, qu'on keleye à em-pire;Ma bile alors s'échauffe,& je brule d’écrire:Et s'il ne m’eft permis de le dire au papier;Tirai creufer la terre,& comme ce Barbier,Faire dire aux 10(caux, Par un nouvel organe,Adidas, le Roi Midas à des oreilles d'a(nœ