89
EPISTRE V.
A Mr. DE GUILLERAGIIES.
Fi né pour la cour,& maiſtte en l'art. de plai-? re, ñGurirzracues, qui ſcais& parler& te taire,Ppiend-moi, fi je dois ou me taire on patler,Faut ii dans la Satire encor me fignaler,Br dans ce champ fecond en plaiſantes malicesFaire encore aux Auteurs redouter mes-caprice#Ladis, non fans tumuſte, on m'y vit éclater:Quand mon efprit plus jeune& prompt a s'irriters-Afpiroit moins au nom de difcrer& de‘age::Que mes chevenx plus noirs ombrageoisnt mon Vieſage.Maintenant que le temps a meuri mes defis,Que mon âge amoureux de plus ſages plaiſirsBien-tofts’én va frapper à fon neuviéme luitre;Paime mieux-mon repos qu'un embarras illuſtre.Que d’ûn égale ardeur mille Auteurs aniAiguifent contre Moi leurs traits envenimez:Que tour juiqu’à Pincheſne& m'infulté& m'acca-Ble;;Aujourd-huy vieux Lion je ſuis doux& traitIe n’arme point contre eux mes ongles émoullés,Ainfi que mes beaux jours, mes chagrins toit paiefés,Ie ne‘eus plus là
igreur de ma bileEt laiſſe aur roids kimeurs une libre carriere,
Ainfi donc Philofophe à la raiſon ſoümis,Mes defaux deſermais,{ont mes{eu!s ennemis,C’elt Perreur que je fuis: c’eft la vertu que j'aime.Ie fonge à me connoiſtre,& me cherche en mois
même»
Ceeſt là l’unique eftude où je veux m'attacher.Que, l'affçoiabe en main> un autre aille chercher.Si le Soleil ef fixe, ou tourne für fon axe:Si Saturne à nos yeux peur faire un Paralaxe:-
A la quarante& unid me année,