ii
EPISTRE VIII. 101
Imite men exemple;& lors qu'une Cabale,Vn tas de vains Auteurs foilement te ravale;Profite de leur haine,& de leur mauvais ſens:Ri du bruit paſſager de leurs cris impuiſſans.Que peut contre tes vers une Ignorance vaine?Le Parnaſſe François annobli par ta veineContre tous ces complets(caura te maintenir,Et foulever pour toi l’équitable Avenir,Et qui voyant un four la douleur vertueufeDe Phedrc malgré foi perfide, inceflueufe,D'un fi noble travail juſtement étonnéNe benira d’abord le ſiecle fortuneQui rendu plus fameux par tes iſſuſtres veillesVid naiſtre fous ta main ces pompeufes merve j ÎlesCependant laiſſe ici gronder quelques Cenfcurs 8Q aitztiſſent de tes vers les charmantes douceurs.Et qu'importe à nos vers que Perrin les admire?Que l’Auteur du Jonas Sempreſſe pour les lire;Pouves qu’ils fçachent plaire au plus puiffanc desois:Qu’à Chantilli Condé les fouffre quelquefois;Qu’Enguien en foit touché, que Colbert.. Ui-vone,Que la Rochefaucaut, Matfillac,& Pompone,Et mille autres quici je ne puis Faire entrer;A leurs traits delicats fe laiffent penctrer.Et pleuſt au Ciel encor, pour couronner l'ouvra-eö vouluft leur donner fon fuffage,
Ceſt à de tels xecteurs que p'offie mes écrits.Mais pour un tas groffier de frivoles EfpritsAdmirateurs zelés de toute œuvre inſip de,Que non loin de la place, où Brioché prefide.Sans chercher dans les vers ni cadence ni ion>Il s’en aille admirer le fçavoir de P***