104 EPISTRE VIII.
Avant que tes bienfaits. couruſſent me chercherMon zcle impatient ne fe pouvoit cacher,Je n’admirois que Toi. Le plaifir de le direVint m’aprendre à loüer au fein de la Satire.Et depuis que tes dons font venus m’accabler,Loin de ſentir mes vers avec eux redoubler,Quelquefois, le dirai-je, un remords legitime,Au fort de mon ardeur, vient refroidir ma rime,II me femble,GRAND R o1,dansimes nouveaux écritsQue mon encens payé meſt plus du mefme prix.J'ai peur que l' Univers, qui ſgait ma recompen-fe;M’impute mes tranfports à ma reconnoiſſance,Et que par tes preſens mon vers décreditéNait moins de poids pour Toi dans la poſteritè.ö je fçai vaincre un remords qui Te bleſ-€.Si tout ce qui reçoit des fruits de ta largeffe,À peindre tes exploits ne doit point s'engager,Qui d’un fi juſte foin fe pourra done chargerAh! plûtoft de nos(ons redoublons l’harmonie.Te zcle à mon efprit tiendra lieu de genie.Horace tant de fois dans mes vers imité,De veus en fon temps, comme moi, tourmen-té,Pour amortir le feu de fa ratre-indocile,Dans Lencre quelquefois fçût égayer ſa bile,Mais de la meſine main qui peigot Tullius,Il fceut flechir Glycere, il fceur vanter Auguſte,Et marquer fur la lyre une cadence juſte.Suivons les pas fameux d’un fi noble Ecrivain .À ces mots quelquefois prenant la lyre en main,Au recit que pour Toi je fuis pic d’entrepren-dre,Ye eu voir les rochers accourir pour m’enten-resEt déja mon vers coule à flots précipités:Quand j'emers le L:Éteur qui me crie, Arreftés,Horace eut cent talens: mais la Nature avare* Senateur Romain.*Fameux Muficien, le plus eſtimè de(on temps,& fort cheri d duguſte.