LETTRE. 1213belle! l’éclatante! la glorieufe conqueſteque vous aves faite fur les Ennemis de laFrance ! Vous avés redonnè le pain à uneVille qui a accoûtumé de le fournir à toustesles autres Vous avés nouri la mere nou-rice de l’Italie . Les tonneres de cette flotte
qui vous fermoit les avenuës de fon port,
n'ont fait que falüer voftre entrée, Sa re-fiftance ne vous a pas arrêté plus long tempsqu’une reception un peu trop civile. Bienloin d’empêcher la rapidité de voſtre coursfe,clle n’a pas feulement interrompu l’ordrede voitre marche. Vous avés contraint à ſaveuë le Sud& le Nord de vous obeir.Sanschâtier la mer comme Xerxés vous Favesrendué diſciplinable. Vous avés plus faitencore, vous avés rendu l'Efpagnol hum-ble. Aprés cela que ne peut on point diredé vous Non, la Nature, je dis a Natureencore jeune& du temps qu'elle produifoitles Alexandres& les Ceſars, ma rien pro-duit de ſi grand que fous le regne deLOUIS quatorziéme, Elle a donné auxFrançois(ur fon declin ce que Rome n’apas obtenu d’elle dans fa plus grande ma-turité, Elle a fait voir au monde dans vô-tre ſiecle en corps& en ame, cette valeurparfaire, dont on avoĩt à peine entreven lis