Dun corps de Barrabas celuy d'un grand Beit,Et d’un homme de rien un grand homme d' Etat;Le ſort gouverne tout, mais il a ſon caprice;Le bas d’un haut ſommet eſt un grand pre cipice,Plus on eſt prez des Dieux fi l'on fait un faux pasPlus la cheurte qu'on fait nous precipite bas;I vaut mieux s'il ine femble un peu plus de diſtan-ce,Si l’on eſt moins heureux l’on a plus d aſſurance,Ces gens que le Soleil enviſage to joursPour en être plus prez n’ont pas les plus beauxjours:
La Foudre rarement tombe en platte campagneElle arrête bien plus au haut d'une montagne.
Le jonc fert de jotet à la fureur du vent,Et l’Orme qui reſiſte en eft brisé ſouventTous ces bruits éclatans que forme le tonnerreNe font que les enfans des vapeurs de la terre;Et l’on void aisément qu’une chofe retientLes mêmes qualitez des lieux d’où elle vient,Qu: un Rorurier s'eleye à la Magiſtrature,Son ame malgrẽ luy ſent toû jours la roture,Qu on faſſe dun faquin un Conſeiller du Roy11 fe reffent ton jours de fon premier employ.Dépuis que dans Paris les charges font venalesQue l’argent feul fait tour,& les fortes cabales,Le vice à triomphé de routes les Vertus,Le Fourbe eſt au deſſas,& le Sage abattu.Quiconque a de argent peut avoir un office;On ne regarde plus les vingt-ans de fervice;Pourveu que l’on poffede la parole, ou dequoy,Lon ſera fait Gendarme dans la maiſon du Roy,Vn Pagnote aujourd huy fera fait Capitaine,Une âne fera chef d une Cour Souveraine;Et tel dans un procez fera fait Rapporteur»
Qui pour fe bien conduire à befoin d'un Tuteur,
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