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On fait une Police, on établit des Loix y
Le preſent eſt toûjours une fort belle choſe
Mais moy qui par effet ſgay connoître la chofe,
Je fçay bien que ces Loix que l’on veut établir
Sont faites tour exprez afin de le punir»
Tous ces commandemens, qu’un{juge vous faitfaire,
Ceſt afin de taxer ceux qui font le contraire
Et le Juge ſeroit dans le dernier dépit
Si le Bourgeois faiſoit les chofes comme il dit,
Quiconque y manque un peu fait des fautes bien
randes,;
On le met auffi-toft en des groffes amandes,
Mais au profit de qui? ma foy je n’en fçay rien,
Le Juge& l’Amandeur vous en inftruiroient bien,
Ils font affociez fuivant toute apparence»
Ou bien s’ils ne le font, ils font d' intelligence,
C’eft un fecret myſtere& ſi je m)) connois»
Ils profitent tous deux des fautes du Bourgeois s
Cette invention là ne vient pas d'une bête,
Et pour taxer chacun le prétexte eft honnête;
Ce moyen eft honete& d’un aſſez bon fens
Lon taxa Vendredy jufqu'à fix mille francs
Si cela continus il faut qu’on fe confole
Ce ne fera pas-là le dernier Menopole
Tous ces donneurs d’advis ne font pas encor mort
Si ceux de S. Ignace on des droits fur nos ports
Si chaque Muid leur doit pour élever leur Temple
Tous les autres Convents n'ont-ils pas bon exem-ples
François ne vaut-il pas autant que Loyolla
Et doit-on faire mieux à ceux-cy qu'à ceux-là;
Dez que ces Mendians furent foufferts en France
Le credule Bourgeois fournit à leur dépence;
Ces adroits Féneans ont mille inventions
Pour nous faire donner certaine penſion.
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