46 É PITRE
Wand il fait fans reſpect par des jeux temetaires
De la Religion badiner les myfteres,
Et fans en concevoir le moindre repentir
Epouvante l’efprit, loin de le divertir,
Où tout fanglant encor de fon Huiftre à l’écaille
Pour finir fon Poëme il forge une bat ille,
Et prenant chez Barbin les armes du combar
Acheve un Harlequin un Ouvrage fi fat;
Ce Lutrin, dont il fait un ſi fol badinage
Auroit il à ce point enfé fon grand courage;
Qu'il osat afpirer au glorieux emp loy,
D’élever un trophée à l’honneur de fon Roy?
On voit le même eſprit animer ſa Satyre,
JI s’en ſert ſeulement pour mordre& pour médire,
Et toûjours par caprice,& jamais par raifon,
Verfe indifferemment fon fiel&(on poiſon.
Ah! qu’il le fait beau voir, lorſqu'il s'enfe& ſedinde.
Ce courbeau deniché des Montfaucons du Pinde
Faire tout retentir des fes croaſſemens
Et des morts immortels ranger les offemens!
Que s il répand par tout ſa noire médifance
N'a-t'il pas exalté Racine en recompenfe?
Cet Aurheur qui ranime Alexandre& Pyrrhus:
Achille , Ba jazet, Hippolite» Titus,
Quand pour(€ divertir tous ces grands Perſonnages
Viennent en Celadons maſquez dans ſes Ouvrages
Mais pour connoiſtre à fond ces chef-d'œuvresdivers,
Won mette en un eruſet Racine& tous fes vers
Pour qui les Partiſans ont tant crié, merveille
On ne tireroit pas un once de Corneille.
Zi Boileau de Racine embra ſſe l'intereſt,
A defendre Boileau Racine eft toũ jours preft:
Ces Rimeurs de concert l’un l’autre ſe chatoüillent
Et de leur fade encens tour à tour fe barbonillent.