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Grand, publié en 1687, parutaux yeux des partisans des An-ciens, la satire la plus indécentequ'on pût faire des siècles d'A-LEXANDRE et d'AUGUSTE. Boi-leau , indigné de ce qu'il avoitlu ce Poëme à l'académie, fit uneépigramme, dans laquelle Apol-Lon demandoit:
Où peut- on avoir dit une telle infamie?Est- ce chez les Hurons? chez les To-
pinamboux?
PER
dare, dit- il, sera toujours Pin-dare, Homère toujours Homère ,et les Chapelain des Chapelain,et les Scudéri des Scudéri.»L'abbé Fraguier, partisan desanciens et de Boileau , lançaplusieurs épigrammes contre Per-rault , parmi lesquelles celle- ci,dans le goût de Catulle , n'estpas la moins piquante:
Peralte noster,delicatus es nimis!Tibi videtur esse rus merum Plato;Iliadem Homeri carmen è trivio asti-
mas;
Etiam in Marone nauseare diceris;Tibi Catullus ille non habet salem.Solos Cotinos et Capellanos legis.Peralte noster, delicatus es nimis!
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Ce procès fut porté au tribunaldu public, qui condamna les deuxparties. Les défenseurs de Des-préaux et Despréaux lui- mêmen'ouvroient les yeux que sur lesbeautés de détail des anciens etles fermoient sur l'ensemble. Lesdéfenseurs de Perrault au con-traire se prévaloient des défautsde l'ensemble, pour ne pas rendre.justice aux détails: ainsi l'étatde la question ne fut saisi nide part ni d'autre. On l'eût dé-cidée bientôt, si d'après un exa-men impartial on avoit com-paré ouvrage ouvrage parexemple, les comédies de Mo-lière à celles de Plaute , les tra-gédies de Sophocle à celles de Cor-neille ; mais quel homme étoitcapable de faire cette comparai-son? Aujourd'hui que le publicest plus tranquille, si quelquephilosophe employoit ce moyen,il verroit que la différence est ànotre avantage, et que si lesouvrages des anciens sont quel-quefois des chefs- d'œuvre, ilsne sont pas toujours des mo-dèles.( Voyez MOSCHUS.) La ré-
Pour soutenir ce qu'il avoit avan-cé, Perrault mit au jour en 1690son Parallèle des Anciens et desModernes, en 4 vol. in- 12. Cetouvrage parut encore plus té-méraire que son Poëme. Il mitau- dessus d'Homère , non- sen-lement nos premiers écrivains,mais les Scudéri et les Chapelain.Despréaux et Racine dont Per-rault n'avoit point parlé dans sonParallèle ou dont il n'avoit ditque des choses qui choquoientleur amour propre, se crurentpersonnellement offensés. Racinefit un couplet, et Despréaux une épigramme nouvelle; maisce satirique ne se permit rien deplus. Le prince de Conti dit unjour, qu'il iroit à l'académieFrançoise écrire sur la place deDespréaux : Tu DORS, BRUTUS!..Le satirique se réveilla enfin. Ilprit vivement le parti des an-ciens auxquels il étoit si rede-vable. Ses Réflexions sur Longinparurent; elles furent toutes àTeur avantage. A l'exception dequelques légers défauts qu'il re-connoît en eux, il les trouvedivins en tout et croit la natureépuisée en leur faveur.« Pin-
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