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peuples affligés d'une cruelle fa-mine. Tibère étant mort et CaïusCaligula lui ayant succédé,prince ôta le gouvernement deSyrie à Vitellius pour le donnerà Pétrone , qui s'acquitta digne-ment de cet emploi. Il fut si fa-vorable aux Juifs, qu'il courutrisque de perdre l'amitié de l'em-pereur et sa propre vie pour avoirvoulu favoriser ce peuple. Ceprince lui ordonna de mettre sastatue dans le temple de Jéru-salem. Pétrone voyant que lesJuifs aimoient mieux mourir quede voir profaner le lieu saint, neles y voulut point contraindrela force des armes, et préféra unrelâchement dicté par l'humanitéà une obéissance cruelle.- Il nefaut pas le confondre avec unautre PETRONE ,( PetroniusGranius) Centurion dans la hui-tième légion, qui servoit sousCésar dans la guerre des Gaules.Allant en Afrique dont il avoitété fait questeur, son vaisseaufut pris par Scipion, qui fit pas-ser au fil de l'épée tous les soldatset promit la vie au questeur, àcondition qu'il renonceroit auparti de César. Pétrone lui ré-pondit que les officiers de Césarétoient dans l'usage d'accorder lavie aux autres et non de la rece-voir, et en même temps il seperça de son épée.
II. PÉTRONE,( PetroniusArbiter) né aux environs de Mar-seille, proconsul de Bithynie ,puis consul, fut l'un des prin-cipaux confidens de Néron , etcomme l'intendant de ses plaisirs.Sa faveur lui attira l'envie deTigellin autre favori de Néron ,qui l'accusa d'être entré dans uneconspiration contre l'empereur.Pétrone fut arrêté et condamnéTome IX.
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465à perdre la vie. Sa mort fut sin-gulière par l'indifférence avec laquelle il la reçut. Il la goûta àpeu près comme il avoit fait lesplaisirs; tantôt il tenoit ses vei-nes ouvertes, tantôt il les fer-moit, en s'entretenant avec sesamis, non de l'immortalité del'ame qu'il ne croyoit pointmais des choses qui flattoientson esprit, comme de vers ten-dres et galans, d'airs gracieux etpassionnés. Aussi a- t- on dit quemourir fut simplement pour luicesser de vivre... Saint- Evremontfait de cet Epicurien le portraitle plus avantageux. Il possédoit,suivant lui, cette volupté ex-quise, également éloignée dessentimens grossiers d'un liber-tin, et maîtresse de ses vices etde ses vertus. Les plaisirs ne l'a-voient point rendu incapable desaffaires, et la douceur de sa viene l'avoit pas rendu ennemi desfatigues du travail. Mais au lieud'assujettir sa vie à sa dignité,Pétrone supérieur à ses chargesles ramenoit à lui- même. Il n'a-voit, dit Tacite , la réputation nid'un prodigue, ni d'un débauché,comme la plupart de ceux quise ruinent; mais d'un voluptueuxraffiné, qui consacroit le jourau sommeil et la nuit aux devoirset aux plaisirs. Ce courtisan estfameux par une Satire qu'il envoya cachetée à Néron , dans la-quelle il faisoit une critique de ceprince sous des noms'empruntés.Voltaire conjecture que ce quinous en reste, n'en est qu'un ex-trait, fait sans goût et sans choixpar un libertin obscur. Pierre Pe-tit déterra à Traou en Dalmatie l'an 1665 un fragment considé-rable, qui contient la suite duFestin de Trimalcion. ( VoyezMARGON et I. RABUTIN.) Ce fragGg