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LETTRES DU ROI DE JP RUSSE
je pourrais dire qu’entre vos mains tout fe convertitl ~7 fr en or.
Je vous dois encore des remercîmens au nom desmilitaires pour le détail que vous donnez des évolu-tions d’un bataillon. Quoique je vous connuffe grandlittérateur , grand philofophe , grand -poète , je nefavais pas que vous joigniffiez à tant de talens lesconnaiffances d’un grand capitaine. Les règles quevous donnez de la tactique font une marque cer-taine que vous jugez cette fièvre intermittente desrois , la guerre , moins dangereufe que de certainsauteurs ne la repréfentent.
Mais quelle circonfpection édifiante dans les articlesqui regardent la foi ! Vos protégés les Pediculofos enauront été ravis ; la forbonne vous aggrégera à foucorps ; le trcs-chrc'tien (s’il lit) bénira le ciel d’avoirun gentilhomme de la chambre auffi orthodoxe ; etl’évêque d’Orléans vous affignera une place auprèsà’Abraham , d’ Ifaac et de Jacob. A coup sûr vos reli-ques feront des miracles , et 1 ’inf .. célébrera fontriomphe.
Où donc eft l’efprit philofophique du dix-huitièmefiècle , fi les philofophes , par ménagement pour leurslecteurs, ofent à peine leur laiffer entrevoir la vérité ?Il faut avouer que l’auteur du Syftême de la naturea trop impudemment caffé les vitres. Ce livre a faitbeaucoup de mal : il a rendu la philofophie odieufepar de certaines conféquences qu’il tire de fes prin-cipes. Et peut-être à préfent faut-il de la douceur etdu ménagement pour réconcilier avec la philo-fophie les efprits que cet auteur avait effarouchéset révoltés.