LETTRES DU ROI DE PRUSSE
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de me faire porter à Nencliâtel pour avoir le plaifirde mourir chez vous : i) eût été plus doux d y vivre.
Je viens de recevoir u 11e lettre dont monfeigneur leprince royal m'honore ; il penfc bien fenfément, etparaît très-digne detre votre neveu. Jamais il ny euttant d’efprit dans le Nord, depuis le foixante et unièmedegré jufqu’au cinquante-deux et demi. Il n’y a, ceme femble, que les confédérés de Pologne à qui onpuiffe reprocher de fe fervir, pour leur malheur, dela forte d’efprit qu’ils ont.
On dit qu’Alibey en a beaucoup, et autant qued’ambition. Il court actuellement de mauvais bruitsfur fa perfonne. Pour votre amie l’étoile du Nord,elle acquiert tous les jours un nouvel éclat; il n’y aque votre étoile qui marche à côté de la Tienne. Pourle croiffant de Moujiapha , je le crois plus obfcurcique jamais,
Je me mets aux pieds de votre Majeflé avec le plusprofond refpect.
Je reçois dans ce moment la lettre dont votreMajefté m’honore, du 19 mars. Oui, fans doute,vous êtes un auteur grave et très-grave , quoiquevotre imagination foit très-riante.
Je voudrais bien que tout s’accommodât, pourvuque ma princeffe donnât la liberté Jaux dames duférail et des fêtes fur le Bofphore ; je ne prétendspoint du tout à fes odalifques : c'eft la récompenfede fes braves guerriers. Je fuis plus près d’avoir unrendez-vous avec d’Aryens qu’avec les demoifelles duharem de Àîouflapka. Vous appelez d'Aryens votremaréchal de logis, mais il s’y prend de trop bonneheure ; vous ne vivrez pas auffi long-temps que votre