3 6 LETTRES DU' ROI DE PRUSSE
■- Ah ! que l'homme eft un animal incorrigible,
direz-vous en voyant encore de mes vers. LaValachie,la Moldavie, la Tartarie fubjuguées doivent êtrechantées fur un autre ton que les fottifes d’un Crazinskf,d’un Potoski , d’un Oginski , et de toute cette multitudeimbécille dont les noms fe terminent en ki.
Comme je me crois un être quipofsède une libertémitigée, je m’en fuis fervi dans cette occafion; etcomme je fuis un hérétique excommunié une foispour toutes, j’ai bravé les foudres du Vatican: bra-vez-les de même, car vous êtes dans le même cas.
Souvenez-vous qu’il ne faut point enfouir fontalent: c’eft de quoi jufqu’ici perfonne ne vous accufe ;mais je voudrais que la poftérité ne perdît aucunede vos penfées ; car combien de fiècles s’écoulerontavant qu’un génie s’élève, qui joigne à tant de goûttant de connaiffances ! Je plaide une belle caufe, et jeparle à un homme fi éloquent que, s’il jette un coup-d’œil fur ce fujet, il faifira d’abord tous les argumensque je pourrais lui préfenter. Qu’il continue doncencore à étendre fa réputation, à inftruire, à éclairer,à confoler, à perfifler, à pincer ( félon que la matièrel’exige ) le public, les cagots et les mauvais auteurs.Qu’il jouiffe d unefantéinaltérable, et qu’il n’oubliepoint le folitaire femnon habitué à Sans-fouci.
FÉDÈ R IC.