1772 .
40 lettres du ROI DE PRUSSE
■ et j’en ai dit deux mots en palfant, au commence-ment du cinquième chant ; de forte que cet ouvragebadin, fait uniquement pour m’amufer, n’a pas étédéfiguré par un morceau tragique qui aurait juréavec le refte.
llfemble que pour détourner mes yeux des fottifespolonaifes et de la fcène atroce de Varfovie, mafœurla reine de Suède ait pris ce temps pour venir revoirfes parens , après une abfence de vingt-huit années.Son arrivée a ranimé toute la famille; je m’en fuiscru de dix ans plus jeune, Je fais mes efforts pourdiffiper les regrets qu elle donne à la perte d’un épouxtendrement aimé, en lui procurant toutes les fortesd amufemens, dans lefquels les arts et les fciencespeuvent avoir la plus grande part. Nous avons beau-coup parlé de vous. Ma fœur trouvait que vousmanquiez à Berlin : je lui ai répondu qu’il y avaittreize ans queje m’en apercevais.Celan’apas empêchéque nous n ayons fait des vœux pour votre confer-vation; et nous avons conclu, quoique nous ne vouspolfédions pas , que vous n’en étiez pas moins nécef-faire à l’Europe.
Laitfez donc à la Fortune, à l’Amour, à Plutus leurbandeau : ce ferait une contradiction que celui quiéclaira fi long-temps l’Europe fût aveugle Joi-même,Voilà peut-être un mauvais jeu de mots; j’en faisamende honorable au dieu du Goût qui fiége àFer-ney : je le prie de m’infpirer, et d’être alfuré qu’en faitde belles-lettres, je crois fes décifions plus infailliblesque celles de Ganganclli pour les articles de foi. Vale.
F É D É R I C.