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LETTRES DU ROI DE PRUSSE
' Perfonne du nom de Saint-Aulaire n’eft arrivé juf-qu’ici. Peut-être que celui qui vous a écrit a changéde fentiment.
Voilà enfin la paix prête à fe conclure en Orient ?et la pacification de la Pologne qui s’apprête. Ce beaudénouement eft dû uniquement à la modération del’impératrice de Ruffie qui a fu mettre elle-mêmedes bornes àfes conquêtes , en impofer à fes ennemisfecrets, et rétablir l’ordre etla tranquillité où jufqu’àpréfent ne régnait que trouble et confufion. C’eft àvotre mufe à la célébrer dignement : je ne fais quebalbutier en ébauchantfon éloge ; et ce que j’en ai dit,n’acquiert de prix que pour avoir été dicté par lefentiment.
Vivez encore, vivez long-temps ; quand on eftsûr de l’immortalité dans ce monde - ci, il ne fautpas fe hâter d’en jouir dans l’autre. Du moins ayez3a complaifance pour moi, pauvre mortel qui n’airien d’immortel, de prolonger votre féjour fur ceglobe, pour que j’en jouilfe ; car je crains fort de nevous pas trouver dans cet autre monde. Vale.
E É D É R I C,