3 02 LETTRES DU ROI DE PRUSSE
-"■ fouhaite que vous les furpaffiez tous par la longueur
de votre vie et par les travaux de l’efprit.
Sans m’embarra lier du fort qui m’attend , de quel-ques années de plus ou de moins d’exiftence, quidifparaiffent devantl’éternité , on va inaugurer l’églifecatholique de Berlin. Ce fera l’évêque de ’Warmiequi la confacrera. Cette cérémonie , étrangère pournous , attire un grand concours de curieux. C’eft dansle diocèfe de cet évcque que fe trouve le tombeaude Copernic, auquel comme de raifon , j’érigerai unmaufolée. Parmi une foule d’erreurs qu’on répandaitde fan temps , il s’eft trouvé le feul qui enfeignâtquelques vérités utiles. Il fut heureux : il ne futpoint perfécuté.
Le jeune d ' EtaUonde, lieutenant à Véfel , l’a été:il mérite qu’on penfe à lui. Muni de votre protectionet du bon témoignage que lui rendent fes fupérieurs,il ne manquera pas de faire fon chemin.
J’en reviens à ce roi de Pologne dont vous meparlez. Je fais que l'Europe croit affez généralementque le partage qu’on a fait de la Pologne eft unefuite des manigances politiques qu’on m’attribue ;cependant rien n’eft plus faux. Après avoir propofévainementdes tempéramens différens, il fallutrecourirà ce partage , comme à l’unique moyen d’éviter uneguerre générale. Les apparences font trompeufes, etle public ne juge que par elles. Ce que je vous diseft auffi vrai que la 48 ne propofition d ’Euclide.
Vous vous étonnez que 1 empereur et moi ne nousmêlions pas des troubles de l’Orient : c’eft au princeiZauniPï de vous répondre pour l’empereur ; il vousrévélera les fecrets de fa politique. Pour moi, je