Vniuerfelle liure V. 1379terre auec l'arbre, Ilz demeure la couche le ventre fus,toute la nuict.Les habitans viennentdeiour audiclieu,& ont beau loyfir de tuer cefte poure belte fans aucun dangier.Cefte besÎtea vnetelle vergongne, que le maslen’affaudra iamais la femelle finon en lieu fectet:&encore il fautquelemasle ayt cingans,& la femelle dix.Elles fontleurs petitz ele phâteauxcommeles iumentz,& couftumierement au printemps. Strabo dit qu'elles ne portent cousftumieremét que huyt mois,& quelque fois feize, Les meres ne nourriffent leurs petitz que{ix mois:& n’en font qu’yn à la fois commeles iumentz. Elles ont les tetines en la poictrisneentreles piedz de deuanc.llz viventautant que les hommes bien vieux:& aucunsaufsiperuiennentiufques à 200, ans.llz prennent grand plaifir aux ruiffeaux,& fe pourmenéevoluntiers pres des riuieres: combien qu’ilZ ne puitlent pas nager,a caufe de la pefanteur& grofleur de leur corps. llz ne peuventendurer le froid. Liz ont deux dentz qui leur for-tenchors de la bouche:& les plus grans les ontfi longues& fi groffes, queles Indiensiesfontferuir pour pofteauxde leurs huys Ou portes,& en font des paliz aux ha yes: côme Pli-ne enrend tefmoignage:& Polybien dit qu'il y a des elephans qui ontles dentz longues deplusde neuf piedz,Or lande grace 1546.0napportaentre autres marchandifes en cefte villede Basle plufieurs dentz d’elephantz:entre lefquelies il yenauoir aucunes quieitoyentiongues de neuf piedz,& pres de3.paulmes d'efpelleur:& les plus grandes eftoientfipefantes,qu'à grand peine en pouoye ie leuer vnede terre de toute ma puiflance.ll y en avoir vne en
Led poidz&
treautres plus grande que les autres,qui fuit balancee,& fuit trouve qu’elle pefoitcentrren#ne dent d'ele
tecing liures de Basle:a laquelle ie ne peuz faire perdre terre detoute ma force.Aucuns dis{ent que les dentz d’ynelephant luy feruent de cornes:& toute ainfi que les cornes tombentaux cerfz vne fois l’an,& que d'autres reuiennent en leurs place: aufsi ces beftes per;dentleurs dentz d'ivoire,& en lieu d’icelles leur en revient d'autres, Mais nous parleronsplus amplement de cecy apres,
- Des dragons d’Indie& d’ Ethiope:
E dragon eft le plusgrand de tous les ferzpens,ayärdesdentz—# aigues et aceres:toutesfois{l à plus grande forceenla queué qu’aux denrz,
n'a point ranc de venin commeontlcs autres ferpês.S'ita’lié quelcun de fa queuë,c’eftfait.car il le tue,& mefme l’elephant quelque grand& gros qu’il foit, n’en peut efchapper.Cefte venimeufe& cauteleufebelte fe cache aupres des chemins parlefquelzles elephansontacouflumé de palfer,& les attrappe& entortille de fa queuë,& les eftouffe& tut.Cesftebeltes'engendre en Indie& Ethiopie:& côme dit Pline,elle a couftumierementzo.could£es de longueur, Or ilz ont acouftumé de s’embraffer quatorze où quinze,ou plus,& feiettentdedans lamer ou riuieres,& nagent latefte levée pour paffer outre& cercher des pafturages plus gras. Le dragon n’a point de venin finonen lalangue& au fiel:& pour cettecaufe les Ethiopicsleur auoir ofte la langue,ne font nülle difficulte de mâger de leur chair,Outreplus Pline dit que par la violence du venin,la langue du dragon eft roufiours dref>(ce:&quelque fois il tette de la flamme hors en lair par la chaleur du venin:en forte qu'il fernble que le feu forte hors de fon corps. Quelque fois aufsi quand i! fiffle, il etre vn foufflecontagieux,& corrompt l'air,& de cela bien fouvent s'engendrent des maladies peftilenztiales. Il habite quelque fois en la mer& aux riuieres,& fe cache dedans les cavernes&
creux,il ne dort guieres,mais veille prefquetoufiours,& deuoteles oyfeaux& beltes:il a la
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phant.
veué fortaiguë, enforte qu’il peut voir aux môtagnes fa proyede bien loing. ll yavncont tecombatens
bat perpetuel entre les elephans& dragons.Ledragon ferre l'elephant de fa quevé:& l'etes tve te dragonphantr enuerfe parterre le dragon dupied& de fon mufeau.Ledra gonentortilleles piedz«je lephanss
del elep hancde fa queué,& le fait cheoir.L'elephant voyantle dragon monté für vn arbre;scitorce