Vniuerfelle liure V. 1339Comment on duyt les clephans- la
guerte en Indie.
“elephanteft vne
belte fort docile,
& approche fort
# des fens humains,
& furmonte en force toustes les autres beftes. Quâdles Indi€s veulentalier enquerre, Îlzmetrét de baftzfurleselephans ,lefquelzilzfangler par deffouzlevêtre de deux chaynes de
| fer,& deflusle{ditz baftzil ya des maifonnettes ça& là, 01 fi on aymeé miseuxdiredes tours ougrof{es cages de bois, ilzleurA attachent au col fe ne fayqu'elles membruresefpe(Tes de lamoitie d'yne paulme. Hentretrois hômes en chafcune case,entre les deux cagesil yavnIndois fur le doz,qui parle à la befte comme fi elleauoit raiou& entendement:carelles entendent lc langage du pays,& ont bien fouvenance des plaifirs qu’on leur fait.il eft bi€ certain qu'il n’ ya befte quelconque quiapproche plus pres des{fens humains que l’elephant,fi onregarde l'amour, le defir de gloire, vnefyncerité&ron-deur,laprudence& autres femblables façons de faire, lefquelles chofes les autres beltes n°ontpoint.ll ya par cemoyen fept hommes quimontent fur vn elephâten guerre, eftans armezde corfeletz, portans arcz, piques, auelines,halebardes,efpees& pauois. Le mufeaudel’elephâtelft bardé de fer:onluy attache vn glaive defgainne de la longueur de deux coudees,& large& cfes d’ yne paulmed'hôme:voila coment ilzfontequippez quâd ilzveulententrer en bataille. Le gouverneur dela befte a des motz propres, par lefquelzelle en-tend quâd'l faut marcher auâr,& quâdil fautreculer.Quandil dit, frappe,elle obeyft: quâdilluy comäde de netoucher point,elle le faic:brief elle tait toutce qu’il luy comande,& l’aczcôplit aufsi bien que fi elle avoit{fens rraifon. Mais quäd fladuiêt queles elephäs ont veudu feu devâtleur mufeau,il s'eftonnétfi for: querien ne les peutempefcherdes’enf: iyr,&zneJeut on tant faire qu’on lesreduyfe a leur premier chemin.Car ce peuplea yne merueilleufeinduftrie d’allumer des feux,toutesfois& quâtes qu'illeur femble bon pour eftonner ces grddes beftes,!1z craignent fi fortle feu qu'il n’yarien dequoy onles puifle plus efpouanter.Ëtour celte caufe apres qu'ilz ont veu le feu,ilzs'enfuyét haftivemêrAucüs p€fent que leselephans n'ontpoint de iointes aux iambes,& pour cefteraifon ne peuuët plier lefarre::8&2toutesfois les autres difent b:en le contraire. Car ilz ont des iointures comme les autres beftes:mais c’eft au plus bas des fâbes.Les femelles font beaucoup plus cruelles que les masles& ont puilfance plus grâdea porrer charges plus pefantes: elle font faifies quelque foisdefureur,& courêt côme enragees.Ces beftes fontplus grâdes que trois beuffles,& ont lepoilprefque femblable,les yeux cômeles porceaux,lemuteau fort 1dg,& par iceluyboiuent&mangêt:ilz ont la gueule pres du goufier, nô guieres differétede celuy d’yn porceau, Leurmufeauoul6ggroing elt creux dedäs, X d'iceluy ilzabbatët vatroncd’arbre:briefil2fo ntceque 24.hômes ne pourroyër faire,Les deux dentz qui leur forcent hors de la gueul& fontattachees en la machoere d'enhaut:& ontles oreilles de quelque cofte quecefoir grädesdedeux palmes lIzontles piedz rondzcometréchoers qu'on mer(ur table,& cingongles afentour larges come yne huyftre,liz ontla queué côme beuffle longue detrois paulmes,etlepoil clair femé. Aucüs affermér qu'il y aaucüs elephärz hautz de feize paulmes.llz marchëetout bellemé@r;pour cefte caufe ceux qui n'ont poitacouftumé d’allerdeflus,fe prennétà vodôss mir