1386 De la Cofmographietoutlepain,farine,huile,vin,legüs,chairs fallees,& autres chofes femblables, tellemét qu'ilzeftoient côtrainétz de tuer leurs cheuaux qui eftoiétamenez des nauires aux rivages&fes menger parlefpace de trois foursentiers, l'ous les grâdz canons furét noyez enla mer,2— mais depuis ceux d’Argierles onttyrees etmenees en la ville.Apres donc que l’empereur fe fuft en vainefforce de combattre cefte ville, il fut contraint de reffaire ce qu’ilauoitderefte de nauires,& s’en retourner fans rien faire.Les fouldartz endurerent vne grande famine parl’efpace detroisiours entiers, auec grandes pluyes& mauvais temps. 11auoient perdu beaucoup de leurs gens auec l'artillerie, qu’eftoitil defairegilz s'enbarquerent pour tirer droict a Bugiequieftafsifeau rivage dela mer,& eft du domaine des roixd’Efpaigne,ayantenvnemontaigne vn chafteau fort, quiconfine auroyaume de Fes , qui elt ledernier en Affricquevers occident. T'outesfois ceroyaume là n’eft pas grand,mais il eft confedere aux roix d'Efpaigne pour la crainste de Barberouffe,non pas que Barbarouffe bit fipuiffanten fonroyaume,caril n'a gueres de villes fortes qu'oultreArgier,& fi fon peuple n'eft pasrichene belliqueux, maisj—— pource qu’il afupport du Tureq.Or ceftemerueilleufe tempefte aduintenuironla fefte S,Michel,ou au commencement d'Octobre.
Des deux Syrtes.
Nuironla findu pays d'Affrique vers Egypte, il y a deux lieux fort perilleux en lamer,qui fontappellez Syrtes a caufe des eaues qui tirêr de cofte& d'autre. Car fy-reinengrecfignifietirer.Oril y a ences lieux grande inequalite de mer& de terre,Caren vnlieuil y a grande profondite demer,& en vnautre on y peut aller a gue.
8 le ventfouffle,les monceaux de fable qui eftoiëtfur[amer s auallét bi€ bas,& ce qui eftoit biébas s’esleue incontinët au deffus des eaues, Orilz difent que ce fableeftaucunesfois tranfporté,par le mouvement de la mer,flottant& reflotrant, iufques a dix&aucunesfois a vingt mille, De l'a aduient que la mer qui eft autourdbuy a gue fera demainfortprofonde,& au côtraire,le fablon qui eft au profond de la mer fe meut d’yn lieu en l'autre,felon que le fouffle des yentz& le flot de la mer le pouffenten vne part on en l'autre. Del'a aufsiaduiét que les nauires qui font iettées en ces lieux cachez& fangeux,ne peuvent er(chapper qu’elles ne periffent.Car les nautonniers ne peuvent preuoir où l'amaz de fablons'eft arrefte,pource qu’il na point de lieu certain ne arrefte.Pour cefte caufe ilz nauigent deloing,fe donnât garde d’eftre furprins des ventz,de paour d’eftre iettez es goulphes fablonneux.Or ce dangier nefe trouve pas feulement en la mer,mais aufsi en la rerremefme,prin-cipalemêt viza viz dela gräd fyrte.Car ils’ amaffe là en vntas,&de rechef eltdifperiéparles ventz,& amafTéen ynautre lieu:& fuffocque tout ce qu’il couure.Oril yadeux fyrtesde mer,femblables de nature,mais differêtes en grandeur,& s'appellétla maieur& la moindre,& font feparees l’yne d’auec l’autre, de deux cens cinquâte mille.La mineur eftdiftantede Carthage de trois cens mille pas,& a autant detour.La maieur de 4 25.millepas. Seruiusdictqu'on appelle Syrtes,par tour oules lieux fontfablonneux en lamer.llz difent que Tacapa eftfituee iouxte la mineur. Laquelleayant les champs fablonneux par tout, toutef-fois par yn miraclede nature font tellement fertiles,que les vignes y rapportent deux foisl'année.lIz difent aufsi qu’ilz ne pleut gueres en l'Affrique la mineur:mais que Dieu qui
poutuoit a tous,enuoye aulieu de pluye fi grande abondance derofée au mas
tin,qu'’elle donneaflez de vigueur ace qui eft fur la çerre,& arroufe abondamment la faced'icelle.
DeCys