Vniuerfelleliure V I. 1413
erandefoiF qu’ilz ne peuvent plus fouffrir. Et apres que ces beftes fe font remplies d’ea”ue& font bien faoules, les Ethiopes defcendent de fur les arbrés& les viennent affaillir sauec pierres,flefches,& baftons bruslez par le bout. Quandilz les oritcuees, ilz les depar-tent entre eux, Îlz exercent les petiz enfans a tirer contre vri certain bué,& baillentamengcra ceuxla feulement qui l’ont attainct. Pour celte caufeilZ deuienneñt bons citeurs dedartquand ilz font prelTez de faim. ll y a d'autres Echiopes qu’ôn appelle Actiees, de-mourätz vers lefoleil couchant,lefquelz ont guerre côtinuelle duec les elephantz,& apreslesauoir vaincuz& abattuz, ilz lestuent,& en couppent les parties de derriere, lefquellesilz-cuifent& mengent. Orilz ontcefte induftriepour les faire choir, 112 fe tieñinent es lieux remzpliz de bois& d’arbres,obféruätdé fut des haulezarbres l’entree& l’yflue des eleptiätz.llz neaffail-lent point quand ilz mangent en trouppe,pourcequ’il n'y auroit aucun moyen de les vaincre, lIZles prennent vn a vn,les affaillant dé merueilleu-{e audace. Car quatid celte befte approche d'vn atbre, celuy qui eft cache fur iceluy pour l'efpier defcend,& prend la queue de l’elephant auec lèsmains mettantles piédz contre la cuiffe dexttre diceluy,& prend ala main dextrévrie coignee legiere, laquelle il porte fur le doz,& luy couppélésnerfz du arret dextre,& de la main feneftre iltour Commentlesnéfoncorps agile, pour fuyr de grand viftelleles Erhiopes preneffortz de cefie béfté. L'élephiant ayant les nerfZ pent Les cle«couppez; tombe quelque fois fur le cofte qui eft phantze| a uc naure, pource qu'iltie fe péuit pas aifeement tour-| ner,& tite l'Ethiopien aueclüy;& le tue, Atcus
nesfois il froiffe l’homme contre vnarbre ou vn rocher,& l'opprime de fa pefanteur; Au-
cunselephantz s’enfuyentde grand douleur par les champs,fepouant refifterau chaffeur,
tant qu’ilz tombentde force de coupz que luy donne celuÿ qui eft afsis deflus. Alors acous
rent grandes compagnies d'Ethiopiens,qui couppérit le derrieré dela beftequieftencores
vive,& en mengent la chair, Aucuns de leur voilins furmontent les clephantz par art
fans aucune difficulté.Ceft animau a acouftume en retournant de paîturer, de s’en allercdor
mir,& eft de nature diverfe de toutes les beltes a quattre piedz. Car il ne Hiefchit poincie
genoil pour fecoucher a terre,mais s'appuyea vn arbre pour dormir.Les habitantz dulieu
apperceuät le repairede l'elephanca l'arbre qui eft vfé& plein de craffe, le fcierit par le pied
toutcontre la terre, toutesfois entelle forte que l'arbre ne tombe point{ans eftre poulfe,
Etpuisilz effacent lestraces de leurs pas,s’en allant viftement,deuantque la befteretour-
ne pour dormir.L'elephant retournantau foir plein de viande& faoul,pour féretirer à fon
gifte acouftume,s’appuyant contrel’arbre qui eft fcie,tombe incontinent aueciceluy à ter
re,& siftlàtoute lanuictfur le do=, car il nefe peut relever. Le iour venules Ethiopiens s°| approchent du lieu fans dangier& le tuent, Puis il= dreffent là leurs tabernacles pours'ÿ| teniriufques ace quelabeftefoitmengee.
Les Acridophages,ceft a dire men-geurs de faulterelles.
Es Acridophages font confins au defert. Ce font gens vn peu plus bas que lesautres, maigres& fort noirs. Auprim temps les ventz Zephyre& Libicque apzportentlà vne infinice de faulrerelles, lefquelles font fort grandes, mais la couleursd de leurs ailles eft laide& hideufe. Les Ethiopiens acouftumez a cela, amatientgrande quantité de bois des lieux prochains en vne grande& large vallee& y mercenc.Jefey, le bruslane auec toute l'herbe qui a efté auparauantcouppee. Les faulterelles qui vo/|° XYyy 5 lentau