Vniuerfelle liure V I. 1429
La conclufion de tout ceft œuurede Cofmographie.
Ous t'auons defcrit iufques icy,amy lecteur les peuples et nations detout 1emon
de,auec leurs eftudes,f( ectes,meurs,coftumes loix,religions, ceremonies,royau
mes,pricipautez,traffiques,antiquitez,terres,& ce quicroiften icelles:animaux,À montaignes,fleuues,mers,eftangz,lacz,& autres telles chofes, qui fontcômunemenrcelebrees par les hiftoriens& Cofmographes,& principalement ce que nous auonspeucognoiftre par quelque excellence& dignité qui eft en icelles. Car nous n° ignoronspas que le tour de la terre eft fi gräd qu'on ne la peu vifiterpar tout,& que ceft vne chofe quioulrrepafTeles forces& l’aage de l’homme,que d’aller rechercher tous les lieux efcartez dela terre,& trouuer ce qui eft digne d’eftre noté en iceux, Afcauoir les chofes que le Seisgneur para fagelle& puiffance merueilleufe aformees en ces elementz inferieurs, Mais{i vnautreen adioufteencores autant,& puis vntroifiefme,&ainfi que plufieurs cherch@tl’yn apres l’autre foigneufement,il fe fera vn œuvre efgal a la nobleffe des chofes,& ferapour fatisfaire aton actête, Parquoy file labeur qui eft icy prins ne fatisfaict a tous,pourlemoins qu'ilz approuvêt l’argument que ie laifTe a ceux qui viendront apres nous,de trauaifler pour leur pais.le côfeffe qu’il y a beaucoup de chofes ence mondefi ample,quel'aypafs(ces Ou traictees legieremêt,d’autant que ien’en ay peu efcrireplus que les autres m’en ontmis en main, Toutesfois felon l'adais de Damian Portugallois,ces chofes ne deuoiét pointeftre diuulguées par moy, queie n’euffe moymefme vifité les pais& prouinces, Mais veuque luymefmes a defcritles meurs,ceremonies& couftumes des Indiens, côme il auoit entendu des ambafladeurs quiauoienteftéenuoyez d’Ethiopieau roy de Portugal,& les aefpars parle monde:qu'il mepermetteaufsi avec Strabon , Pom ponius,Pline,Curce,luftin;&c.& auec plufieurs nouveaux efcriuains,reciter ce que ie n'aypointyeu, mais ce que j’ayreceu de gens dignes de foy.Or laifTons ces chofes.Ce n’eft point de merueilles que les hôsmes ayententre eux non feulem€t diverfe fortune,mais aufsi diverfe nature,diuerfes meurs& façons de viure,puis que nous voyons que les regions& les lieux ont ceftemefme diuetfite,& qu’vnenation engendre des gens blancz comme laict,& l’autre tirans fur le blanc;l’autre bruns J'autre du tout bruslez.Dieu l’a ainfi ordonne, afinqueaufsi les hommes fuf>{ent produictz dediuerfe nature, divers courage,& diuerfe ee ges les autres chofes.Ët ce pendant que chacun fe contentaft de{à condition ,pour ne faire a autruy nullerezproche de la fienne,
CÇy finift[a Cronicque vniuerfelle de monfieur Sebaftien Munftere,comprin,fe enfixliures, nouvellement translatee,& acheuee d'impri-mer,aux defpens de Henry Pierre,en l'an degrace Mille cinq centz& cinsquantedeux,