ZO Réflexions préliminairesLes chagrins multipliés & les humilia-tions en tout genre qu’avoit reçu cettePrincesse, avoient tellement flétri soname, qu’elle en étoit devenue stupide.Elle mourut comme une bourgeoise obs-cure,iàns être plainte dans son infortune,à laquelle il faut convenir qu’elle avoitdonné lieu, & qu’elle auroit méritée dela part de tout autre que d’un fils.
Quelqu’un a fort bien dit:
Peres, n’écoutez pas une aveugle tendresië:
Corrigez vos enfans, lorsque dans leurjeuneslè
Sans peine vers le bien vous pouvez les plier.
C’est bien aimer, dit-on, que de bien châtier.
Fables d'Esoee.
On s’imagine qu’il ne faut point con-■traindreles enfans dans leurs premièresannées. On ne fait pas attention queles contradictions qu’on appréhende nefont rien, & que celles qu’on leur pré-pare seront terribles. Car ils ne trouve-rontpas toujours des personnes disposéesà faire toutes leurs volontés: ils trou-veront souvent au contraire des concur-rens ou des ennemis qui leur ferontéprouver des chagrins d’autant plus sensi-bles & plus amers, qu’ils auront été plu-sflattés dans leur enfance.
■ C’est ce qui arriva à un jeune hommedont parle l’auteur du Comte de Valmont.