HZ Réflexions préliminaires
Dès qu’un enfant donne les premierssignes de connoiisonce , il est donc essen-tiel de prévenir en lui toute obstination& toute indocilité. L’opiniâtreté est ledéfaut de la plupart des enfans ; mais onpeut dire qu’ils le doivent en grandepartie à la première éducation. On déféréà toutes leurs fantaisies. Ce qu’on a refuséà leurs prières, on l’accorde à leur impor-tunité, à leurs pleurs , à leurs violences.On les porte même à iè venger, à frapper.„ J’ai vu, dit encore l’auteur d 'Emile ;d’imprudentes gouvernantes animer lamutinerie d’un enfant, l’exciter à battre,s’en laisser battre elles-mêmes, & rirede ses foibles coups , fans songer qu’ilsétoient autant de meurtres dans l’inten-tion du petit furieux, & que celui quiveut battre étant jeune, voudra, tuerétant grand “.
Comment un enfant craindra-t-il sesparens, quand ils ne lui seront pasreconnoître leur autorité , & qu’ils neferont quelquefois que ses premiers fer-?viteurs ? Abandonné au dérèglement deses goûts & au désordre de ses idées,il s’élèvera lui-même le plus doucement& le plus mal qu’il lui fera possible.Devenu absolu & volontaire , il prendral’habitude de ne plus écouter que soncaprice & so volonté.
Voulez-vous que cela n’arrive pas :