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Le compté de vos Finances , Sire , rendu dans cette forme , ne préfenteau Tréfor royal qu’une recette de Deux cents foixante quatre millions, &vos revenus paifent Quatre cents trente millions, mais le furplus eft confom-nié, foit par des charges affignées fur les Recettes générales , foit par lesRentes fur i’Hôtel-de-ville , & les autres objets hypothéqués fur les Fermes,foit par des dépenfes dont le payement eft indiqué fur le Domaine , fur leproduit des Régies, fur les impofitions des Pays d’Etats , &c.
J’ajouterai qu’une telle manière de rendre compte des Finances, fèrapproche beaucoup de la forme adoptée en Angleterre : on y lailfe à l’écarttoute la partie des revenus qui eft appliquée à de certaines dépenfes fixes, &l’on ne préfente que la partie de ces mêmes revenus deftinée à des dépenfesfufceptibles de variations.
Il me refte à demander à Votre Majesté qu’Elle veuille bien m’auto-rifer à communiquer à quelques perfonnes de fes Confeils, réunies chez M. leGarde des Sceaux ou chez M. le Comte de Maurepas, tous les détails quiappuient l’exactitude du compte que je mets fous fes yeux ; non que jedoute un mitant de la confiance de Votre Majesté , &que je ne fois égale-ment certain de la mériter, mais parce qu’il importe effentiellement au butque Votre Majesté fe propofe dans la publicité de ce compte, qu’il foitexaminé attentivement (a).
J’envifage auffi avec fatisfaétion qu’une telle demande de ma part peutdevenir la bafe d’un bien durable, parce que j’ofe penfer qu’après qu’unhomme de mon caractère aura déliré une pareille vérification, il n’eft perfonneaprès moi qui puilfe fe trouver offenfe d’être fournis à la même règle; & jecrois que 11 tous les cinq ans feulement, un lemblable compte étoit rendud’une manière également authentique , une telle inftitution fuftiroit pourremplir le but important que Votre Majesté doit avoir en vue.
( a) Au refte, la publicité de ce compte,eft la meilleure preuve qu’on puifle donner dela confiance qu’on inet dans fon exactitude ;car il n’eft aucun des articles qui le compo-sent, dont un très-grand nombre de perfonnesne foient en état de juger. Les Receveurs gé-néraux peuvent vérifier le produit des ImP°-
fitions, les Fermiers généraux celui des Fer-mes , les Régilfeurs celui des Régies , &c. &les Miniftres des départemens , leurs premiersCommis, les Tréforiers, les Gardes du Tréforroyal', &c. peuvent également reconnoître lajuftelfe de prefque tous les objets de dépenfe.Voyez les Etats à la fin Au Mémoire.
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