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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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à efcompter fur le pied de Quatre pour cent par an , des Lettres de changeà deux ou trois mois de terme.

Un pareil Intérêt dont il faut déduire beaucoup de frais & quelquefoisdes pertes, nauroit pu fuffire à des Capitaliftes} mais ils ont efpéré, daprèslexemple dune ancienne Caiife dEfcompte , établie à la Compagnie desIndes , que par fimple commodité, lon prendrait fouvent des Billets de leurcaiife au lieu dargent, pourvu quon fût certain den recevoir le payementau moment on lexigeroit -, & comme les principaux Banquiers de Paris & quelques Financiers font à la tête de cet étabiiflement, ils ont pu donnerà ces mêmes Billets un peu plus détendue, en convenant entreux de lesadmettre fans difficulté dans les payemens refpe&ifs quils auraient à fefaire j & à leur imitation, il seft introduit volontairement dans la circu-lation, jufquà la concurrence, à peu-près, de Douze millions de Billets decaille. Cette fomme jointe aux Douze millions de fonds effectif fournis parles Actionnaires , a doublé le capital applicable à des Efcomptes , & lesproduits répartis entre les Actionnaires, leur ont procuré un intérêt denvi-ron Six pour cent par an fur le premier fonds capital quils ont fourni.

Voilà donc en quoi confite le bénéfice des Actionnaires, & ce béné-fice doit varier félon que les Efcomptes fe fuivent rapidement , quon évitedes pertes, ou quil y a plus ou moins de Billets de caiife en circulation.Quant au Gouvernement, il doit voir avec plaifir que lintérêt des Lettresde change ait pu fe maintenir à Quatre pour cent en pleine guerre , pui£que ceft un avantage pour le Commerce, & une facilité de plus pour con-tenir lintérêt des Papiers de Finance fur un pied modéré.

Enfin , fi lon ne peut difconvenir que largent que lon promène tousles jours dans les rues de Paris , de Caiife en Caiife , ne foit un fondsabfolument mort & ftérile, cett le tirer dinaction que de fuppléer en partieà ces viremens journaliers par des Billets de eaiife j & fous ce point de vueceft encore un fervice rendu à la circulation.

Cependant perforine na lieu de fe plaindre, puifque ces Billets ne fontdonnés quà ceux qui les préfèrent, & quà chaque inftant on peut en recevoirla valeur en argent ; car le capital quils repréfentent eit toujours en Caiifeen Efpèces, ou en Lettres de change à court terme, quon peut réalifer

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