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les, cparfes dans un grand nombre de Cailles, feroient réunies au Tréforroyal; & en faifant comprendre dans un feul brevet, toutes celles accordéesà la même perforine, fous quelque dénomination que ce fût , afin d’éclairerencore davantage la juftice diftributive de Votre Majesté ; en mêmetemps l’enregiftrement de toutes ces Penfions à la Chambre des Comptes, &les autres précautions que Votre Majesté a preferites , préviendront unemultitude d’abus.
Toutes les opérations néceflaires pour exécuter ces diverfes difpofitions,font dans ce moment bien près d’être complètes ; elles ont en même tempsfervi à faire connoitre l’étendue des grâces viagères connues fous le nomde Penfions, Gratifications annuelles, Appointemens confervés , Subfiitan-ces , & plufieurs autres dénominations encore ; Votre Majesté Elle-même a été furprife d’apprendre, que ces différentes grâces formoientactuellement une charge annuelle pour fes Finances , d’environ Vingt-huitmillions. Je doute fi tous les Souverains de l’Europe enfemble , payent enPenfions plus de moitié d’une pareille fournie. C’eft même un genre dedépenfe prefque inconnu dans plufieurs États ; auffi cet objet , qui s’eftaccru d’une manière exceiïive , eftil digne de la plus férieufe attention; &dès que le travail néceffaire pour conffater exactement toutes ces Penfionsi'era fini , & qu’on les aura divifées en différentes claffes, je propoferai àVotre Majesté une Loi & des règles , qui puiffent opérer une diminu-tion fucceffive dans cette charge vraiment inouïe pour l’État : Je n’ai pointà me reprocher de m’être prêté à l’augmenter, ayant au contraire réfilléde mon mieux à toutes les demandes qui n’étoient pas fondées fur desengagemens, ou fur des fervices anciens & diftingués. Si cette dernièrecondition fervoit toujours de règle dans la conceilîon des grâces , la dépenfen’en feroit jamais grande , ou fi à de pareils titres , elle l’étoit encore , ceferoit un bonheur pour l’État ; mais lorfque les Penfions font un objet defaveur, les limites en font inconnues.
Il étoit une autre forte de largeffes dont on avoit extrêmement abufé,je veux parler des Intérêts dans les affaires de Finance , ufage introduitfuccefiivement & par l’effet de circonftances particulières.
Les mélanges d’état par des alliances, l’accroiffement du luxe , le prixqu’il oblige de mettre à la fortune , enfin l’habitude, ce grand maître en