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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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les, cparfes dans un grand nombre de Cailles, feroient réunies au Tréforroyal; & en faifant comprendre dans un feul brevet, toutes celles accordéesà la même perforine, fous quelque dénomination que ce fût , afin déclairerencore davantage la juftice diftributive de Votre Majesté ; en mêmetemps lenregiftrement de toutes ces Penfions à la Chambre des Comptes, &les autres précautions que Votre Majesté a preferites , préviendront unemultitude dabus.

Toutes les opérations néceflaires pour exécuter ces diverfes difpofitions,font dans ce moment bien près dêtre complètes ; elles ont en même tempsfervi à faire connoitre létendue des grâces viagères connues fous le nomde Penfions, Gratifications annuelles, Appointemens confervés , Subfiitan-ces , & plufieurs autres dénominations encore ; Votre Majesté Elle-même a été furprife dapprendre, que ces différentes grâces formoientactuellement une charge annuelle pour fes Finances , denviron Vingt-huitmillions. Je doute fi tous les Souverains de lEurope enfemble , payent enPenfions plus de moitié dune pareille fournie. Ceft même un genre dedépenfe prefque inconnu dans plufieurs États ; auffi cet objet , qui seftaccru dune manière exceiïive , eftil digne de la plus férieufe attention; &dès que le travail néceffaire pour conffater exactement toutes ces Penfionsi'era fini , & quon les aura divifées en différentes claffes, je propoferai àVotre Majesté une Loi & des règles , qui puiffent opérer une diminu-tion fucceffive dans cette charge vraiment inouïe pour lÉtat : Je nai pointà me reprocher de mêtre prêté à laugmenter, ayant au contraire réfilléde mon mieux à toutes les demandes qui nétoient pas fondées fur desengagemens, ou fur des fervices anciens & diftingués. Si cette dernièrecondition fervoit toujours de règle dans la conceilîon des grâces , la dépenfenen feroit jamais grande , ou fi à de pareils titres , elle létoit encore , ceferoit un bonheur pour lÉtat ; mais lorfque les Penfions font un objet defaveur, les limites en font inconnues.

Il étoit une autre forte de largeffes dont on avoit extrêmement abufé,je veux parler des Intérêts dans les affaires de Finance , ufage introduitfuccefiivement & par leffet de circonftances particulières.

Les mélanges détat par des alliances, laccroiffement du luxe , le prixquil oblige de mettre à la fortune , enfin lhabitude, ce grand maître en