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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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pénuries dargent, qui nont ceffé de régner dans la Finance depuis tantdannées, il étoit plus commode de recourir à cette reffource ; tandis quàformes égales, on eût le plus fouvent. préféré des moyens différens.

Je crois donc que ceft. un rempart, perpétuel établi pour la protectiondes campagnes, & un bienfait éminent de Votre Majesté envers elles,que davoir affujetti laugmentation des accelfoires de la Taille, aux mêmesformalités que tous, les autres Impôts. Votre Majesté na point étéarrêtée par lidée de foumettre à Ienregiftrement de fes Cours, ce quElléordonnoit auparavant par un Arrêt de ion Confeil,- & dans cet acte dunevéritable grandeur, vos Sujets ont reconnu également & votre juftice 8cvotre puiflànce.

Cependant, au moyen de cette dîfpofition bienfailànte, un Miniftre desFinances, qui fe verra forcé daugmenter les revenus de Votre Majesté,ne fera point déterminé dans le choix des moyens, par dés confidérationsétrangères au bien de vos Peuples. Dailleurs ces accroiffemens de laTaille, quelque confidérables quils aient été par la fueceffion des années,noffrent jamais pour le moment quune foible reffource; & elle ne peutavoir de prix que pour un Miniftre des Finances, qui ne préparant rienà lavance y . laide le Tréfbr royal, au milieu de la- paix, dans un continuelembarras.

Après avoir ainfi fixé la Taille & la Capitation taillable dans chaqueGénéralité, il reliera un jour un grand bien à faire, & qui fera louvragede la Juftice & de la Puilîance : il faudra sefforcer détablir des proportionsplus égales entre les Provinces ; & déjà lon aperçoit comment les difpofitionsde Votre Majesté relativement à la Taille & à la Capitation, faciliterontcette entreptife, & létayeront de la confiance fi néceifaire au fuccès. Eneffet comment rendre fenfibie la juftice duue diftribution dimpôt, tant quela fomme de cet impôt eft arbitraire ou changeante ? on uauroit aucunmoyen de perfuader, que laugmentation portée dans telle. Province., feroitbalancée par une diminution équivalente dans telle autre, & les intentionsbienfaifàntes de Votre Majesté, feroiem obfeures, & fouvent calomniées.Je crois quon.ne.fauroit. trop le dire; ou il faut renoncer aux grandes