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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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de la fortune des particuliers. Lon a cherché cependant à fixer quelquesprincipes à cet égard, fur-tout à Paris , & lon a pris pour mefure le nom-bre de donaeftiques, les équipages, le loyer des maifons , &c. On a tâchéaufii de mettre de la règle dans les répartitions faites par les Corps decommunautés ; mais il relie toujours une clalfe nombreufe de Contribua-bles , dont la Capitation foumife à des principes incertains excite fréquem-ment des difficultés & des plaintes. Je crois quavec un facrifice modiquede la part du Tréfor royal, on pourroit convertir la Capitation de Paris dans quelquautre Impôt, à labri de tout arbitraire ; tel, par exemple, quunelégère augmentation fur les Vingtièmes des maifons, ou quelque taxe furdes objets de luxe ; mais il faut attendre un temps plus opportun, parceque tant que la guerre dure, on nelt jamais fur que les nouveaux Droitspropres à fervir de remplacement, ne deviennent nécelfaires aux befoinsurgens de lEtat.

Corvées .

On a trop Ibuvent développé à Votre Majesté , les principes furcette matière, pour que je doive métendre à cet égard : Je dirai feulementque plus jai examiné cette importante dileuffion, & plus je me fuis con-vaincu, quil eft à defirer que les moyens de fupprimer la Corvée foientfavorifés. Cette queftion , en dernière analyfe, neft quun débat entre lespauvres & les riches 5 car il eft aifé dapercevoir dun coup-dœil, lavan-tage du pauvre à la fuppreffion de la Corvée. Un homme fans facultés,un Journalier, dont on exige par an fept ou huit jours de Corvée, nau-roit à payer que douze à quinze fous pour fa part à lImpolition deschemins, fi elle étoit établie au marc la livre de la Taille; & il retrouve-roit encore bien amplement le dédommagement de cette petite contribution,par lintrodudion de nouveaux ouvrages à prix dargent, au bénéfice delquelsil participeroit par fon travail. Nul doute donc que . la Corvée ne foitévidemment contraire aux intérêts de cette clalfe de vos Sujets, verslefquels la main bienfaifante de Votre Majesté doit fins celfe sétendre,afin de tempérer autant quil eft poftible, le joug impérieux de la pro-priété & de la richefle.

Dailleurs la répartition & la perception dun Impôt en Argent fontJbumifes à des règles certaines, au lieu que la dillribution de la Corvée &