dës Mœurs. ii
Lorraine , fut terminée, comme on fait»par un défaltre affreux, où cent trente-deux personnes périrent, & un grandnombre furent blessées. Dans le momentmême qu’on faifoit au jeune Dauphinle récit de ce funelle accident, on luiapporta les six mille livres que le Roilui donnoit tous les mois pour ses menusplaisirs. Un de ses Valets-de-'chambrealloit serrer cet argent. Le Prince luiordonna de le mettre dans une boite,& d’appeler un Page. 11 écrivit enfuit«quelques lignes; & après avoir cachetéson billet, il le donna, avec la boîte, àun Page, pour le porter en diligence àM. de Sartine , Lieutenant-général dePolice ; avec ordre de garder fur cettecommission le plus grand secret, & derapporter à lui seul la réponse du Magis-trat. 11 lui é cri voit qu’il avoit appris lemalheur arrivé à son occasion, qu’il enétoit pénétré, & qu’il lui envoyoit, poursecourir les plus malheureux, ce que leRoi lui donnoit tous les mois pour sesmenus plaisirs; ne pouvant disposer quede cela. Quand le Page fut revenu avecla réponse de M. de Sartine, le Dau-phin, après l’avoir lue, la déchira, enjeta les morceaux au feu, & rentra dansson cabinet. Heureux les Princes qui pen-sent si noblement! Plus heureux encoreles peuples qui ont de tels Princes !