des Mœurs. ' tudans une bataille sanglante, où il a voiteu les deux bras emportés. Ou le pré-senta à son Colonel , qui ne lui offritqu’une piece de vingt-quatre sous.Croyez-vous, mon Colonel , lui dit avecfranchise le Soldat, que je n’aie perduqu’une paire de gants ?
Les récompenses doivent être dispen-sées par les mains de la justice, &, autantqu’il est possible , proportionnées auxservices ; elles en font le prix légitime.Cependant combien n’y en a-t-il pas ,fur-tout parmi les Grands, qui ne ré-compensent point, ou qui récompensentmal ceux qui les ont servis, persuadésqu’on leur doit tout, & qu’on est trophonoré de les servir. ,, Il est vieux. Uusé, dit un Grand , il. s’est épuisé à meservir: qu’en faire? Un autre plus jeuneenleve ses espérances, & obtient le postequ’on ne refuse à ce malheureux, queparce qu’il l’a trop mérité ". Cette ré-flexion de La Bruyere ne fait pas beau-coup d’honneur aux Grands, mais ellen’est que trop confirmée par l’expérience.On demandent à un grand Seigneur, s’ilne songeoit pas à faire quelque chosepour un homme de mérite, qui avoittout sacrifié en s’attachant à lui. Commentdonc! répondit-il , je le vois tous lesjqurs , çf je lui fais accueil.
Cette forte de récompense, aussi fin-