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lement quand c’est la colere ou l’amourqui sollicite à le révéler. Cette dernierspalJion est la plus dangereuse. On revoieun secret dans la colere, mais il échappedans l’amour, st l’on est infiniment furses gardes , dans ces momens dontl’ivreste fait oublier toutes les lois de laprudence. M. de Turenne en est un exem-ple bien frappant. 11 étoit impénétrableà la tête des armées. M. de Louvois,Ministre de la guerre , se plaignoit dece qu’il n’apprenoit ses desteins que parles gazettes. M. de Turenne ne les con-fioit pas même au Roi. Ce Prince dit unjour à un Officier -général, qui partoitpour l’armée d’Allemagne : Dites , jevous prie , à M. de Turenne qu'il me fassepars de ses desseinsj'y fuis pour le moinsaussi intéressé que lui. Cependant cegrand homme eut la foiblesse de décou-vrir à Madame Coaquin qu’il aimoit, unsecret que le Roi lui avoit confié. CetteDame le révéla au Chevalier de Lorraine .Celui-ci apprit le secret à Monsieur (4),à qui on vouloir le cacher. Monsieur ledit au Roi. Ce secret étoit le voyageque Madame devoir faire en Angleterre,pour négocier avec le Roi son frere,Jacques II . Louis XIV eut un éclair-
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