i> e s Mœurs. 403que des ingrats ; & ceux à qui il donnele plus, font pour l’ordinaire ceux quipensent le moins à lui. Mais ménage-t ilquelque malheur, quelque disgrâce : ontourne ses regards & ses pensées vers leCiel, on revient à ses devoirs, & l’onrentre dans le sentier de la vertu qu’onavoir quitté.
L’adversité eltun des plus sûrs moyensque Dieu ait pour nous rappeler de noségaremens. Parlez à la plupart des hom-mes de renoncer à des pallions qu’ils ché-rissent : ils vous regarderont comme uncenseur importun. Les remontrances lesplus touchantes, les menaces les plus ter-ribles des jugemens de Dieu ne ferontqu’une foible impression. Mais vient-onà être atteint des traits de l’adversité : îscharme disparoît, & l’on voit les objetsd’un tout autre œil. Consumé par unefievre lente, déchu du rang où l’on étoitmonté, trahi par d’infidelles amis, dé-pouillé de ses biens, on reconnoît quece corps paré avec tant de luxe & nourriavec tant de délicatellè, ce teint si bril-lant dont on avoit été si idolâtre, n’étoitqu’une fleur passagère ; que ses gran-deurs humaines dont on avqit été siépris , n’étoient que néant ; & que toutce qui avoit le plus flatté nos espérancesn’étoit que mensonge & vanité. L’ad-versité nous détrompe A nous inltruit.