des Mœurs. 423sonnes qui vous déplaisent, cachez soi-gneusement votre aversion : la faire sen-tir, ce seroit manquer de bonté & depoliteflè. Aimez les gens d’esprit, lessages & les personnes aimables : maissousi'rez lés sots, les fous & les fâcheux,puitqu’ils font si communs. C’elt unegrande foibleilé » que de souffrir impa-tiemment celles des autres.
Rire de ceux qui ont quelque diffor-mité dans la figure, c’est une petitessequ’on ne pardonne pas aux enf’ans. Nedevroit-il pas en être de même des dé-fauts du caractère '{ Est-on moins à plain-dre d’avoir le cœur gauche, l’esprit tortu,l’humeur raboteuse, que d’être boiteuxou bossu ï 11 est vrai qu’on ne peut nis’alonger la jambe ni se redresser lataille, & qu’on peut corriger les défautsdu caractère. Mais on doit convenir quela chose est difficile; & la peine que leshommes ont à se corriger, n’est-elle pasun accroissement à leurs défauts , quidemande de nous un redoublement d’in-•dulgence ?
Il regne dans la société une si grandecontrariété d’humeurs , que c’est une né-cessité , un devoir de charité & de justicede se supporter mutuellement; & puis-que dans ce conflit d’humeurs & de ca.racteres si différeras , il est impossible des’accorder parfaitement > fâchons, da