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des Mœurs. 435que votre tendresse généreuse [& bien-faisante soit l’asile de tous les malheu-reux. Loin de fuir ceux qui implorentvotre secours, prévenez leurs vœux &leurs prières, (hue ce plaisir si noble, sivertueux, soit le plus doux charme devotre cœur. Ecoutez les soupirs de l’hum-ble & modeste indigence. N’imitez pasces Grands & ces Riches , toujours fà-»cheux & chagrins, ou fiers & dédai-gneux , qui n’opposent à leurs prièresque des rebuts déselpérans, quelquefoisdes reproches amers, comme si c’étoitun des privilèges de la fortune & de lagrandeur de pouvoir impunément insul-ter aux petits & aux malheureux. N’est-ce donc pas déjà pour eux un aflèz grandfardeau , de vivre dans la mifere & dansla dépendance? faut-il encore leur appe-santir le joug par une dureté inexorable& par une fierté méprisante ?
Ne croyez pas que ce soit vous avilir,que de regarder les affligés & de per-mettre qu’ils viennent pleurer devantvous. Pensez au contraire que les regardsdes Grands fur les malheureux augmen-tent leur gloire ; & que s’ils ont de lacompassion & de la miséricorde , ils n’enseront que plus grands devant les hom-mes , & sur-tout aux yeux de celui dontils ont fur la terre l’honneur de tenir laplace. Servez de pere aux orphelins , dit leTome II. T