flattés ; & c’est bien d’eux qu’on peutdire, que la flatterie en fait des amis,& la vérité des ennemis. Ils préfèrentla louange qui les trahit , à la sincéritéqui leur seroit utile : ils veulent êtretrompés, & ils le font. Celui qui faitflatter le mieux leur amour-propre, enobtient tout ce qu’il désire. Un Mar-chand de bijoux avoit acheté trois centsmille livres la fameuse perle appelée laPe'éqrinc. Philippe II , à qui ce Mar-chand fut présenté , lui demanda pour-quoi il avoit donné tant d’argent pourune perle : Jesongeois , lui répondit-il ,qu’il y avait dans le monde un Roi d'Es pagne qui me Vacheteroit. Le Monarqueflatté de cette réponse, fit compter auMarchand quatre cents mille livres pourcerte perle, qu’on voit encore aujour-d’hui fur la couronne des Rois d’Espagne.
Ceux qui ont de quoi payer la flatte-rie , ne manqueront jamais de vils adu-lateurs , qui ne comu disant d’autre lan-gage que celui de l’intérêt, ne rougis-sent que de parier celui de la vérité, &n’ont pas honte de louer hautement cequ’ils blâment eu leeret. Mais quel estl’honnête homme qui voulut leur res-sembler '{