f® L’ É'C O L E
delaplupart? Qu’un homme riche mentvêtu veuille être moins contredit qu’unautre, & réellement le soit beaucoupmoins? qu’on prétende à la considéra-tion par des chevaux plus fins , par deséquipages plus élégàns , par des livréesplus brillantes, par des ameublemensplus précieux, & qu’on l’obtienne i Telleest notre vanité, que nous estimerionspeu les richeiîés, fi elles ne nous four-nissoient le plaisir d’avoir ce que lesautres n’ont pas, & de l’emporter fureux.
Cette vanité est si grande, que nousla mettons dans les choses même qui,par leur première destination, dévoientservir à couvrir notre nudité & notrehonte. Une personne trop recherchéedans ses habiîlemens, & qui fait tropd’attention à ses habits ou à ceux desautres, donne lieu de soupçonner qu’elle11e connoit pas de plus grand mérite,& qu’elle-même n’en a point d’autre.Si elle en est delàplusfiere & plus mé-prisante , la chose n’est plus douteuse.Les vètemens magnifiques, en donnantaux petits génies , comme il arrive ordi-nairement, de la hauteur, de la fierté,du dédain, un certain ton de suffisance& d’amour-propre, ôtent au caractère& à l’esprit, ce qu’ils ajoutent au corps& à la figure. Si cela est, ne peut-on