des Mœurs. 79
Mais l’érudition est inépuisable, c’est unpays immense : 011 y voit tous les joursaugmenter ses richesses ; & l’on met là.gloire à jouir d’une science , louable sansdoute à quelques égards , mais qui nevaut pas toujours le temps qu’on em-ploie à l’acquérir , & qui rend quel-quefois ridicule par l’importance qu’ony attache.
Le Comte de Gonàomar , Ambaflà-deur d’Espagne auprès de Jacques I, Roid’Angleterre, s’entretenoit en latin avecce Prince, qui parloit fort correctementcette langue. Le Monarque savant se mità rire de quelques sautes que le Comtefaisoit. L’Ambassadeur piqué lui dit : Lehitin que je parle est le latin d'un Roi , Ucelui de votre Majesté est le latin d'unpédant.
C’est sans doute dans les Colleges &parmi les précepteurs , qu’il est plus or-dinaire de trouver les pédans dont nousparlons. Ils en portent quelquefois lenom, & il faut convenir qu’il y en a quile méritent. Accoutumés à parler d’un,ton magistral & absolu , ils prennent in-sensiblement & sans qu’ils s’en apper-qoivent un certain air de pédantisme.Mais il faut avouer auisi que la pédan-terie y est beaucoup plus rare aujourd’huiqu’autrefois. Parmi ceux qui font char-gés de l’emploi d’instruire la jeunesse.