des Mœurs, 8ißourtisans se regardèrent. Il consultaMalherbe , & lui demanda si cuillerétoit masculin. Ce mot , répondit Mal-herbe , Jera toujours féminin , ju squ à ceque Votre Majcjlé ait fait un Edit , quiordonne fous peine delà vie qu il deviennemasculin. Henri IV sourit, & sut bongré auPoëte de ne lui avoir pas déguiséla vérité.
Celui qui montre sa science mal-à-propos , ne fait voir que sa vanité. Ondoit aimer la science, & travailler à enacquérir, mais il ne faut pas chercherà en faire parade. Ce défaut n’est peut-être pas maintenant beaucoup à craindre,fur-tout par rapport à l’érudition pro-fonde. On donne au contraire dans unautre excès. C’est une espece de mériteaujourd’hui que de faire peu de cas del’érudition , & c’est même un mériteque bien des gens le contentent d’avoir,Depuis que de beaux esprits se sont pluà jeter un ridicule fur les la va ns & furla science qu’ils traitent de pédanterie,on a craint une qualification si inju-rieuse ; & l’on iê garde bien de se donnerla peine d’acquérir de l’érudition , quimettroit en butte aux traits des mauvaisplaisans. Les hommes pourvus de quel-que esprit, mais paresseux, ont saisi avecempressement ce prétexte ; & pour ex-cuser ou justifier leur ignorance, ils n’ont
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