des Mœurs. 105
qu’il est très-beau joueur ; & plus aveclui qu’avec tout autre, soyez fidelîe à lamaxime de ne jouer jamais que petit jeu.Le gros jeu donne lieu aux injures , quiproduisent les querelles & les divisions.L’amitié nous plaît, mais l’intérêt nousdomine, &la perte de notre argent noustouche plus que celle d’un bon ami.
A l’égard de l’amitié entre personnesde différent sexe, si elle est quelquefoisplus agréable, elle est aufli plus dange-reuse, sur-tout pour les femmes. Plu-sieurs d’elles d’un excellent caractère &de beaucoup de mérite, ont été perduespar des hommes,' fous le prétexte del’amitié. En supposant dans un hommela probité & l’honneur au plus hautdegré , son amitié pour une femme tientde si près à l’amour, que si elle a quelquescharmes dans fa personne, elle aura bien-tôt pour amant celui qu’elle ne voudraitavoir que pour ami. Ce qui fait dire àFavillon dans ses Conseils à Iris.
N’accoutumez point votre cœur,
Séduit par la vertu de l’objet qui le tente,
A s’attendrir par la douceurMême d’une amitié qui peut être innocente:^L’honneur dans ce commerce est fort mal assuré*.Ne vous y laissez pas surprendre.
Un ami si sage & si tendre,
Est bien plus dangereux qu’un amant déclaré-
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